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Sat Feb 11, 2012 17:23 (fr)
Grèce : Face à la crise les ouvriers récupèrent l'Hopital Grèce : l'hôpital de Kilkis passe à l'autogestion Traduit par Fausto Giudice ?????? ??????? Le personnel de l'hôpital général de Kilkis, en Macédoine centrale, au nord de Thessalonique, vient de l'occuper (Grèce) et de le déclarer en autogestion. Les travailleurs ont rendu publique la déclaration suivante le 4 février dernier : 1. Nous reconnaissons que les problèmes actuels et durables du Système national de santé et desorganisations apparentées ne peuvent (...) - analyses / santé

Grèce : Face à la crise les ouvriers récupèrent l'Hopital

Grèce : l'hôpital de Kilkis passe à l'autogestion

Traduit par Fausto Giudice ?????? ???????

Le personnel de l'hôpital général de Kilkis, en Macédoine centrale, au nord de Thessalonique, vient de l'occuper (Grèce) et de le déclarer en autogestion.

Les travailleurs ont rendu publique la déclaration suivante le 4 février dernier :
1. Nous reconnaissons que les problèmes actuels et durables du Système national de santé et desorganisations apparentées ne peuvent pas être résolus par des revendications spécifiques et isolées ou pour nos intérêts particuliers, car ces problèmes sont le résultat d'une lutte plus générale contre la politique antipopulaire du gouvernement et du néolibéralisme globalisé.

2. Nous reconnaissons également qu'en insistant sur la mise en avant de ce type de revendications, nous participerions au jeu implacable du pouvoir, qui, afin de répondre à son ennemi ? c'est-à-dire le peuple fragilisé et divisé -, essaye d'éviter la création d'un Front populaire universel au niveau national et mondial, avec des intérêts communs et des revendications contre l'appauvrissement social provoqué par la politique du pouvoir.

3. Pour cette raison, nous plaçons nos intérêts particuliers dans le cadre des revendications politiques et économiques exprimées par une grande partie du peuple grec souffrant aujourd'hui de l'attaque brutale du capitalisme ; ces revendications, pour connaître le succès, doivent être portées jusqu'au bout, en coordination avec les classes moyennes et inférieures de notre société.

4. Le seul moyen d'y parvenir est la remise en cause, par l'action, non seulement de la légitimité politique, mais aussi la légalité de l'arbitraire autoritaire et antipopulaire d'une hiérarchie qui se dirige à grande vitesse vers le totalitarisme.

5. Nous travailleurs de l'Hôpital général de Kilkis, nous répondons à ce totalitarisme par la démocratie. Nous occupons l'hôpital public et le mettons sous notre contrôle direct et total. Dorénavant l'Hôpital général de Kilkis aura un gouvernement autonome et la seule autorité légitime pour prendre les décisions administratives sera l'Assemblée générale des travailleurs.

6. Le gouvernement n'est pas dégagé de ses obligations financières en ce qui concerne la dotation et l'approvisionnement de l'hôpital, mais s'il continue à ignorer ces obligations, nous devrons informer le public à ce sujet et nous nous tournerons vers l'administration locale et, surtout, vers la société tout entière pour qu'elles nous soutiennent de toutes les manières possibles en vue de : (a) la survie de notre hôpital, (b) un soutien général au droit aux soins de santé publics et gratuits, (c) le renversement, par une lutte populaire commune, du gouvernement actuel et la cessation de tout autre politique néolibérale, quelle que soit sa source et (d) une démocratisation profonde et substantielle, à savoir que ce soit la société, et non des tiers, qui soit responsable des décisions sur son avenir.

7. À partir du 6 février, le Syndicat des travailleurs de l'hôpital de Kilkis limitera le travail aux seules urgences jusqu'au paiement intégral des heures travaillées et le retour aux niveaux de salaires antérieurs à l'arrivée de la Troïka ( CE, BCE et FMI). Entretemps, bien conscients que nous sommes de notre mission sociale et de nos obligations morales, nous veillerons à la santé des citoyens qui viennent à l'hôpital en fournissant des soins gratuits et un hébergement aux nécessiteux et nous continuerons à exiger que le gouvernement prenne ses responsabilités et mette fin à sa politique cruelle, excessive et antisociale.

8. Nous avons convenu de tenir une nouvelle assemblée générale le lundi 13 Février dans l'auditorium du nouveau bâtiment de l'hôpital à 11 heures, où nous déciderons des procédures nécessaires pour mettre en ?uvre efficacement l'occupation des services administratifs et mener à bien l'autogestion de l'hôpital, qui commencera ce jour-là. Nous tiendrons chaque jour une assemblée générale, qui sera l'instrument fondamental de prise de décisions sur les employés et fonctionnement de l'hôpital.

Nous appelons à la solidarité du peuple et des travailleurs de tous les secteurs, avec la collaboration de tous les syndicats et organisations progressistes et le soutien de tous les médias qui choisissent de dire la vérité. Nous sommes déterminés à continuer jusqu'à ce que les traîtres qui ont vendu notre pays s'en aillent. C'est eux ou nous !

Les décisions ci-dessus seront rendues publiques lors d'une conférence de presse à laquelle sont invités tous les médias (locaux et nationaux), le mercredi 15/2/2012 à 12h 30. Nos AG quotidiennes débuteront le 13 février. Nous informerons les citoyens de tous les événements importants qui se déroulent dans notre hôpital par des communiqués et des conférences de presse. En outre, nous utiliserons tous les moyens disponibles pour faire connaître ces faits afin que cette mobilisation réussisse.

Nous appelons
a) nos concitoyens à manifester leur solidarité avec notre effort,
b) tous les citoyens qui reçoivent un traitement injuste de notre pays à la contestation, à s'opposer à leurs oppresseurs,
c) nos camarades travailleurs d'autres hôpitaux à prendre des décisions similaires,
d) les salariés dans d'autres branches des secteurs public et privé et les adhérents des organisations de travailleurs et progressistes, à agir dans le même sens, afin que notre mobilisation devienne une résistance ouvrière et populaire universelle et une insurrection, jusqu'à notre victoire finale sur l'élite économique et politique qui aujourd'hui opprime notre pays et le monde.

+ d'infos :[ http://espoirchiapas.com->http://espoirchiapas.blogspot.com/2?]

Merci à Tlaxcala
Source : http://efimeridadrasi.blogspot.com/?
Date de parution de l'article original : 04/02/2012
URL de cette page : http://www.tlaxcala-int.org/article?

Sat Feb 11, 2012 15:26 (fr)
Salut, D'importantes luttes sociales (grèves, manifs, émeutes?) se sont déroulées ces dernières semaines en Roumanie contre les politiques d'austérité et la corruption gouvernementale. Ces luttes sont les plus importantes depuis la chute de la dictature stalinienne et le retour à la démocratie bourgeoise et elles ont abouti à la démission du premier ministre. Les médias capitalistes en ont peu parlé en France (qui s'en étonnera ?). Le Collectif Anarchiste de Traduction et de Scannérisation de Caen (et (...) - non locales / europe, luttes sociales

Salut,

D'importantes luttes sociales (grèves, manifs, émeutes?) se sont déroulées ces dernières semaines en Roumanie contre les politiques d'austérité et la corruption gouvernementale. Ces luttes sont les plus importantes depuis la chute de la dictature stalinienne et le retour à la démocratie bourgeoise et elles ont abouti à la démission du premier ministre. Les médias capitalistes en ont peu parlé en France (qui s'en étonnera ?).

Le Collectif Anarchiste de Traduction et de Scannérisation de Caen (et d'ailleurs) a été contacté il y a peu par une personne vivant en Roumanie, connaissant le français et désireuse de transmettre largement des informations sur le récent mouvement social dans ce pays. Cette personne a effectué des traductions d'articles tirés d'un des rares journaux du pays favorable au mouvement et de quelques textes de tendance libertaire.

Le CATS, en liaison, avec cette personne, a effectué quelques corrections rapides. Le style est parfois un peu approximatif mais ce n'est pas ça qui est important.

Étant donné l'actualité de ces traductions nous les diffusons immédiatement et nous vous invitons à les relayer dans vos réseaux.

Le document d'une dizaine de pages est téléchargeable librement sur le site du CATS de Caen :
http://ablogm.com/cats/2012/02/11/l?

Salutations anarchistes.

Sat Feb 11, 2012 10:26 (fr)
A LA SAINT VALENTIN, POLE EMPLOI S'ENFLAMME POUR LES PRECAIRES ! RDV LE 14 FEVRIER A LILLE ! Le collectif de chômeur-ses et précaires de Lille (CCPL 59), dans le cadre du nouveau RDV d'occupation nationale des pôle emploi (Rennes, Brest, Paris, Nancy, Le Havre, Caen, Bordeaux, Lyon, Quimper, Libourne, Montreuil, Toulouse?), appelle à un rassemblement le MARDI 14 FEVRIER A 10H AU METRO MAIRIE DE LILLE. Nous appelons chômeur-ses, précaires, allocataires, syndicats, associations, collectifs?à FAIRE (...) - locales / chômage & précarité

A LA SAINT VALENTIN, POLE EMPLOI S'ENFLAMME POUR LES PRECAIRES ! RDV LE 14 FEVRIER A LILLE !
Le collectif de chômeur-ses et précaires de Lille (CCPL 59), dans le cadre du nouveau RDV d'occupation nationale des pôle emploi (Rennes, Brest, Paris, Nancy, Le Havre, Caen, Bordeaux, Lyon, Quimper, Libourne, Montreuil, Toulouse?), appelle à un rassemblement
le MARDI 14 FEVRIER A 10H AU METRO MAIRIE DE LILLE.

Nous appelons chômeur-ses, précaires, allocataires, syndicats, associations, collectifs?à FAIRE TOURNER L'INFO et à nous rejoindre pour cette nouvelle initiative après les 17 et 24 janvier. Tout support matériel est le bienvenu : affiches vierges, marqueurs, thermos de thé et café?

Nous revendiquerons ce jour :

- La transparence sur les chiffres de radiations, sur la nature des prestations et budgets alloués à la sous-traitance
- Des panneaux d'affichage mis à disposition en permanence, accès à la photocopieuse pour un gros tirage de tracts et d'affiches
- Aucune radiation prononcée dans l'agence occupée ce jour
- La fin de la dématérialisation des diverses convocations (via espace personnel par exemple)
- La tenue d'une réunion d'information dans le pôle emploi avec un temps d'occupation avant son déroulement, sans évacuation policière. Nous proposerons aussi de mettre en place collectivement des revendications locales et plus larges, tout en décidant de nouvelles actions à venir.

Nous rappelons que la direction de pôle emploi du Boulevard de la liberté a bloqué à 2 reprises le fonctionnement de l'agence pour nous discréditer, nous rejeter via la police et ne permettant aucun dialogue autour de nos revendications.

Pôle emploi est un mur et nous comptons le briser malgré les intimidations et les les isolements imposés. En tant que chômeur-es et précaires, nous occupons les pôle emploi pour évoquer nos situations diverses et nous organiser ensemble, contre l'aseptisation de ces lieux empêchant les échanges entre usager-es.

Nous souhaitons que les syndicats de la métropole lilloise informent leurs salarié-es de pôle emploi de nos occupations régulières depuis le 17 janvier. Nous voulons engager une lutte commune contre la déshumanisation et la dégradation de ce service public (comme la CAF et la CPAM), devenu un outil de contrôle social nuisible aux salarié-es et aux précaires au préjudice de sa mission sociale.
collectifCPL59 [at] yahoo.fr - ccpl59.over-blog.com

Sat Feb 11, 2012 03:39 (fr)
Dans le cadre des "Manifs mensuelles pour la Libération animale", événement international organisé par le collectif "Leur vie ne nous appartient pas" : Action devant l'abattoir de Castres, 42 rue Ludovic Julien : Vendredi 2 mars de 15h à 17h . Elles ont été crées pour demander l'abolition de TOUTES les formes d'exploitation animale. Parce que l'appartenance à l'espèce est un critère de discrimination INJUSTIFIABLE ; parce que les animaux non-humains sont plus de 65 milliards par an à être abusés, (...) - non locales / luttes pour l'égalité animale, violence & exploitation animale

Dans le cadre des "Manifs mensuelles pour la Libération animale", événement international organisé par le collectif "Leur vie ne nous appartient pas" :
Action devant l'abattoir de Castres, 42 rue Ludovic Julien :

Vendredi 2 mars
de 15h à 17h .

Elles ont été crées pour demander l'abolition de TOUTES les formes d'exploitation animale.

Parce que l'appartenance à l'espèce est un critère de discrimination INJUSTIFIABLE ;
parce que les animaux non-humains sont plus de 65 milliards par an à être abusés, chaque jour, du fait de leur fragilité, de leur vulnérabilité (et c'est sans compter les poissons, comptabilisés en millions de tonnes) ;
parce que la question animale n'est pas une question de de choix individuel, de sensibilité individuelle, ni de goût personnel ;

parce que c'est une question d'éthique, de morale,

nous voulons faire entendre leur voix ; nous voulons que le massacre cesse.

===================

Nous serons habillés en tenue d'hygiène alimentaire (nous fournissons les costumes) ; du faux sang sera déversé ; deux banderoles seront exposées ;
- "Tous sensibles ; Stop au massacre" et
- "Auschwitz commence lorsque quelqu'un regarde un abattoir et se dit : ce ne sont que des animaux" (Charles Patterson)

Des tracts seront distribués ; nous tiendrons des panneaux rappelant le nombre victimes et des photos d'animaux tués dans les abattoirs.

**Un covoiturage sera organisé (n'hésitez pas à nous le savoir si vous en avez besoin).

Rejoignez-nous !

Rdv à 14h30 devant l'abattoir.

Inscription svp sur animotoulouse(at)hotmail.fr
* événement facebook : http://www.facebook.com/events/3270?

=======================

Fri Feb 10, 2012 14:14 (fr)
Appel à dons On a toujours besoin d'un peu d'argent pour continuer nos actions. Impression du journal, soutien à celles et ceux qui subissent la répression, tracts et autres matériels de luttes. Vous pouvez nous envoyer des chèques à l'ordre de "Vivre sans aéroport" à l'adresse suivante : Vivre sans aéroport La Primaudière 44 130 Notre Dame des Landes ou faire un virement sur le compte en banque à la banque postale : 20041 01011 1162852D032 36 l'appel vient du lèse béton n°4 dispo sur (...) - non locales / énergies, squatts

Appel à dons

On a toujours besoin d'un peu d'argent pour continuer nos actions. Impression du journal, soutien à celles et ceux qui subissent la répression, tracts et autres matériels de luttes. Vous pouvez nous envoyer des chèques à l'ordre de
"Vivre sans aéroport" à l'adresse suivante :

Vivre sans aéroport
La Primaudière
44 130 Notre Dame des Landes

ou faire un virement sur le compte en banque à la banque postale :

20041 01011 1162852D032 36

l'appel vient du lèse béton n°4 dispo sur zad.nadir.org

Fri Feb 10, 2012 12:27 (fr)
Samedi 11 février Grand Place, manifestation contre le traité commercial anti contrefaçon ACTA. Tout l'Europe manifestera ce jour contre ce texte qui autorisera la censure de tout contenu copyrighté sur internet par les industries culturelles, et imposera une surveillance mondiale des communications par les fournisseurs d'accès à internet. ACTA, en tant qu'accord commercial, ne concerne pas seulement internet. Il aura également des effets sur le commerce de médicaments, et pourra empêcher la (...) - agenda / Informatique

Samedi 11 février Grand Place, manifestation contre le traité commercial anti contrefaçon ACTA.

Tout l'Europe manifestera ce jour contre ce texte qui autorisera la censure de tout contenu copyrighté sur internet par les industries culturelles, et imposera une surveillance mondiale des communications par les fournisseurs d'accès à internet.

ACTA, en tant qu'accord commercial, ne concerne pas seulement internet. Il aura également des effets sur le commerce de médicaments, et pourra empêcher la circulation de médicaments génériques. Ce sont aussi les semences pour l'agriculture qui seront touchées si ACTA passe.

Ce texte a longtemps été tenu au secret et négocié par les lobbys des grandes industries. Aujourd'hui, nous pouvons informer les gens, et nous défendre.

Comme cela a été le cas dans plusieurs pays d'Europe, soyons nombreux-ses, et intensifions la pression sur les industries et les élus européens qui devront voter le texte en juin.

Fri Feb 10, 2012 08:05 (fr)
NON A LA FERMETURE DE CLASSE A JEAN AICARD Suite aux restructurations pédagogiques décidées par le Rectorat et l'Inspection Académique, ayant pour conséquence la suppression d'une classe à J. Aicard, les parents d'élèves de l'école maternelle Jean Aicard (Lille, Faubourg de Béthune) continuent la lutte. Nous vous invitons, parents d'élèves des écoles concernées par les suppressions de postes et de classes, à nous rejoindre ce lundi 13 février 2012 dès 9h30 devant l'Inspection Académique (1 rue Claude (...) - agenda / éducation

NON A LA FERMETURE DE CLASSE A JEAN AICARD
Suite aux restructurations pédagogiques décidées par le Rectorat et l'Inspection Académique, ayant pour conséquence la suppression d'une classe à J. Aicard, les parents d'élèves de l'école maternelle Jean Aicard (Lille, Faubourg de Béthune) continuent la lutte. Nous vous invitons, parents d'élèves des écoles concernées par les suppressions de postes et de classes, à nous rejoindre ce lundi 13 février 2012 dès 9h30 devant l'Inspection Académique (1 rue Claude Bernard à Lille, 100m Parc JB Lebas) afin de manifester notre mécontentement et obtenir un entretien avec l'inspecteur académique qui reste silencieux à l'égard de nos demandes répétées.
Des élu-e-s locaux et nationaux seront présent-e-s pour marquer leur soutien.

Pour un service public d'enseignement de qualité pour toutes et tous !

Les parents d'élèves de l'école Jean Aicard.

Thu Feb 09, 2012 15:27 (fr)
Réflexions d'une féministe atterrée à la lecture d'un hors-série de Charlie hebdo qui lui est adressé (première partie) PAR DINAÏG STALL, 9 FÉVRIER Charlie Hebdo, journal qui a abrité pendant plus de quinze ans les inénarrables éditos de Philippe Val mêlant ? entre autres ! ? défense d'Israël comme base avancée de la Pensée Occidentale Eclairée en Terres Obscurantistes et assimilation au nazisme de tout argument lui étant opposé, a sorti en avril-mai 2011 un hors-série dédié au féminisme, sous le titre « Le (...) - analyses / sexisme

Réflexions d'une féministe atterrée à la lecture d'un hors-série de Charlie hebdo qui lui est adressé (première partie)

PAR DINAÏG STALL, 9 FÉVRIER

Charlie Hebdo, journal qui a abrité pendant plus de quinze ans les inénarrables éditos de Philippe Val mêlant ? entre autres ! ? défense d'Israël comme base avancée de la Pensée Occidentale Eclairée en Terres Obscurantistes et assimilation au nazisme de tout argument lui étant opposé, a sorti en avril-mai 2011 un hors-série dédié au féminisme, sous le titre « Le féminisme est l'avenir de l'homme ».Philippe Val ayant quitté en 2009 la direction de l'hebdomadaire et fait des déclarations ayant le mérite de la clarté en arrivant à Radio France, il ne semblait pas totalement impossible que, débarrassé de son éditocrate self-righteous [1] et quelque peu dessillé sur les convictions politiques de ce dernier, le reste de l'équipe fasse sensiblement évoluer la ligne éditoriale pour la sortir de l'ornière de droitisation manifeste que lui avait valu cette longue hégémonie valienne. C'est en tout cas avec une infime lueur d'espoir que j'ai lu ce hors-série, un espoir sans doute risible que cet hebdomadaire cesse enfin d'être l'un des étendards fièrement arborés d'un racisme qui se croit vertueux dans ses habits de gauche.

Il me faut sans doute dire aussi que j'ai longtemps lu Charlie Hebdo, en gros depuis la fin du lycée où j'ai commencé par piquer des numéros dans l'entourage, ce dernier étant globalement « à la gauche de la gauche » comme on dit de nos jours. Et par la suite avec même une certaine assiduité, jusqu'à finir il y a quelques années par me rendre compte que cela confinait au masochisme.

Je me souviens avoir, de plus en plus souvent au fil des ans, tiqué à sa lecture (Mais qu'est-ce que c'est que cet édito hargneux et méprisant contre les partisans du non au traité européen ? Ah tiens, il est copain avec BHL Val maintenant ? Depuis quand Israël est le parangon de la démocratie ?), mais sans réaliser l'ampleur du changement qui s'effectuait au sein du journal.

Et c'est parce qu'il m'a fallu du temps et de nombreuses lectures pour déconstruire tout un tas d' « évidences » acquises au contact de ce journal, que j'ai envie de me pencher sur son cas. En espérant que cette analyse me permettra aussi d'être plus articulée la prochaine fois qu'un membre dudit entourage « de gauche » m'assènera avec véhémence une de ces « évidences » qui relève en réalité de l'impensé raciste.

Anatomie du hors-série

Le hors-série est essentiellement composé d'entretiens avec (à l'exception de Fabrice Virgili, seul homme interviewé) des femmes de différents horizons : militantes issues d'associations et collectifs féministes ou se définissant comme tels, chercheuses, journalistes, artistes? Il est à noter que les deux tiers des contributions sont françaises et parmi celles-ci, pas une seule n'émane d'une femme racisée. Les seules ayant voix au chapitre sur la question du féminisme et de ses avancées en France sont blanches. Cela peut paraître sans importance mais on verra qu'il n'en est rien.

Parce qu'il n'est pas indifférent de voir de quoi parle chaque entretien (en tout cas quel titre Charlie Hebdo a décidé de lui donner) et quel espace il a été laissé à chacune pour développer son argumentaire, voici un rapide sommaire du numéro, qui indique le nombre de pages attribué à chacune :

Florence Montreynaud, « Merde à la galanterie, vive la politesse ! » : 3 pages

Caroline Fourest, « Le féminisme est intimement lié à la défense de la laïcité » : 4 pages

Caroline de Haas, « Le jour où Sarkozy sera féministe, ça se saura? » : 3 pages

Marie-Pierre Martinet, « L'IVG sous perfusion » : 1 page

Virginie Despentes, « Si j'avais 16 ans aujourd'hui, il me semble que je deviendrais un homme » : 4 pages (plus une illustration pleine page)

Alix Béranger, « Que les femmes prennent le pouvoir, on verra bien ce qu'elles en feront ! » : 2 pages

Odile Buisson, « Si la femme jouit plus, l'homme jouira plus » : 6 pages

Catherine Vidal, « Le cerveau à la fois hermaphrodite et caméléon » : 2 pages

Françoise Héritier, « Les femmes, matière première de la reproduction » : 2 pages

Lydia Cacho, « L'économie de marché soutient l'exploitation et l'esclavage sexuels » : 4 pages

Fabrice Virgili, « La guerre, une histoire de sexes » : 1 page

Pinar Selek, « Le changement en Turquie viendra des femmes » : 2 pages

Agnès Binagwaho, « Au Rwanda, si 30% des élus ne sont pas des femmes, on recommence ! », 1 page

Chahla Chafiq, « Le féminisme islamique est une invention occidentale » : 4 pages

JD Samson, « En anglais, man fait partie de woman » : 3 pages

A cela, il faut ajouter un édito de Gérard Biard (1 page), et des « panoramas », c'est-à-dire des articles portant sur des pays autres que la France, écrits par Eric Simon (« Pologne, Un curé derrière chaque femme », « Russie, Debout les utérus de la Terre ! » et « Armes de pacification massive, Femmes d'Irak à la reconquête de leurs droits », 1 page pour chaque article), par Patrick Chesnet (« Féminisme et transcendance, L'Asie, un paradis pour les religions, un enfer pour les femmes », 2 pages) et par Gérard Biard (« Masculinisme, Vive le Québec mâle ! », 1 page).

On peut également ajouter les nombreuses illustrations des contributeurs et -trices habituel-le-s du journal, certaines en pleine page, notamment les BD de Catherine sur les femmes de dictateur.

On peut également noter que sur les 15 entretiens, 2 (les plus courts : 1 page) ont été menés par Sylvie Coma, 1 par Valérie Manteau (et Luz), 1 par Luz seul, 1 par Antonio Fischetti et? 10 par Gérard Biard.

Le rédacteur en chef, auteur de l'édito, est également celui qui a mené deux tiers des entretiens. On peut d'ores et déjà dire que son influence et sa vision politique ne peuvent qu'influencer massivement le contenu du hors-série.

Il y aurait beaucoup à dire sur la sélection qui a été faite et les personnes qui ont été choisies pour s'exprimer sur le sujet. C'est sans surprise que l'on retrouve Caroline Fourest, grande habituée des pages du journal ? même si ses contributions sont moins fréquentes depuis le départ de Val ? ainsi que d'autres, proches du PS, telle que Caroline de Haas. On a eu récemment l'occasion de lire un certain nombre de contributions de féministes importantes au moment de l'affaire DSK, contributions d'ailleurs rassemblées depuis par Christine Delphy dans le recueil Un troussage de domestique. Est-il bien utile de préciser que pas une d'entre elles ne fait partie du panel choisi par Charlie pour (re)présenter le féminisme en France ? On verra plus loin que, Christine Delphy étant visiblement une sorte d'Antéchrist du féminisme pour le rédacteur en chef du journal, ce choix est finalement très cohérent. Et assure que les sujets qui fâchent ne seront pas traités, ou alors seulement selon l'angle défendu par le journal.

On peut aussi s'étonner de ce que l'article le plus long soit celui consacré au point G (existe-ti, existe-tipa ?), alors qu'il n'est accordé qu'une maigrichonne page unique au planning familial et à son cri d'alerte sur la mise en danger de l'IVG en France. Non pas que l'article ou le fait de parler de la sexualité soit sans intérêt, loin de là. Il aurait même été judicieux qu'un entretien porte sur la façon dont est édicté ce qu'il convient de faire et de vouloir lorsque l'on est une femme (lorsque l'on est un homme aussi d'ailleurs).

Mais ce n'est pas tant chaque contribution pour elle-même que je vais tenter d'examiner ici ? plusieurs autres, sur lesquelles je reviendrai, étant d'ailleurs pertinentes ? mais plutôt l'ensemble dans lequel elles sont intégrées et la logique de leur articulation (lorsqu'il y en a une).

Car si certains aspects du hors-série peuvent au premier abord sembler simplement maladroits au lecteur ou à la lectrice non averti-e, ou liés à la volonté de vulgariser des travaux plus complexes, on s'aperçoit en fait très rapidement que les non-dits procèdent de présupposés politiques précis et les raccourcis d'une volonté d'orientation du débat autour d'une grille de lecture raciste. Cela transparaît très clairement dès l'édito de Gérard Biard et est réitéré tout au long du numéro, notamment à travers les questions posées en entretien par le même Gérard Biard.

Reprenons au début?

Sans doute cela vaut-il la peine de commencer par le commencement, à savoir la couverture, assez emblématique du féminisme « à la Charlie ».

Passons sur le fait que, pour faire un « bon mot » (« la femme/le féminisme est l'avenir de l'homme », pas sûr que ce soit bon, mais c'est le titre qui a été choisi?), il est réaffirmé dès le titre que le mot « homme » désigne le genre humain dans son entier, et donc aussi les femmes. Et ce nonobstant les nombreuses analyses féministes qui ont largement et régulièrement dénoncé le processus d'invisibilisation des femmes que cela provoque et le fait que les « intellectuels » français, tout particulièrement, font montre d'une singulière résistance en ce domaine : nous sommes en effet l'un des derniers pays à continuer à utiliser l'expression « droits de l'homme » et non « droits humains » [2].

Ce qui frappe surtout immédiatement, c'est le dessin de Catherine, qui prend une bonne moitié de la hauteur de la couverture (et continue sur le quatrième de couv' sans néanmoins apporter beaucoup de changement à l'effet produit). Il s'agit de six femmes, dont quatre sont blanches, une arabe, et une bleue tout droit sortie d'Avatar ? c'est la représentation des minorités à la française. Le quatrième de couverture en rajoute une couche en nous offrant également, entre autres, une Noire en boubou et une geisha pour faire « universel », ainsi qu'une? barbamama. Universel, on vous dit. Toutes sont dans la position iconique de la célèbre affiche américaine « We can do it » de 1943 qui dépeint sur un mode héroïque la femme qui fait un métier d'homme dans l'armement pendant que les boys sont au front, affiche qui a ensuite été souvent utilisée comme iconographie/symbole du féminisme.

La femme occidentale a donc droit à plusieurs incarnations, d'Eve à une Marilyn étrangement velue, alors que la femme arabe, musulmane puisque voilée, est fossilisée dans une représentation unique et immuable : battue (elle a un cocard et crache une dent) et lapidée (elle est jusqu'à la tête enfouie sous un tas de cailloux).

Des six femmes, c'est également la seule sur qui on peut lire les stigmates d'une violence physique. Les autres au contraire arborent un large sourire très « go fuck yourself », et semblent posséder les outils de leur libération : d'une Eve croquant goulument la pomme en arborant un sac en peau de serpent à une sorte de Simone de Beauvoir tatouée d'une tête de Sartre entourée de la maxime « Quand je veux », en passant par une Olympe de Gouge brandissant la déclaration des Droits de la Femme.

A la femme arabe en revanche, on ne peut guère imaginer d'autre horizon que celui de victime.

Cette première image, dont on peut dire sans jeu de mot qu'elle annonce la couleur, va se voir confirmée dans tout le numéro, avec une insistance qui frise l'acharnement. Gérard Biard veille en effet tout au long de ses entretiens et dès son édito à nous faire bien comprendre que le féminisme, c'est bien, non pas surtout quand il est occidental, mais à vrai dire uniquement quand il l'est. D'ailleurs, c'est bien simple, il n'existe de véritable féminisme qu'occidental.

Et si l'on veut bien reconnaître que les femmes françaises n'ont pas tous les jours la vie facile, c'est surtout pour bien insister sur le fait que les femmes du reste du monde, et tout particulièrement les non-Blanches, et plus précisément encore les Arabes, et on pourrait même aller jusqu'au plus petit bout de la lorgnette et dire les Musulmanes, et bien il faut bien dire, hein, quand même, que pour elles, c'est le pompon. Parce qu'elles ne peuvent pas s'appuyer sur des alliés mâles bienveillants, elles, vu que les non-Blancs, et tout particulièrement, et plus précisément, etc? et bah c'est pas des gens comme nous, c'est des sauvages. D'ailleurs la preuve c'est qu'ils immolent leur(s) femme(s) (parce qu'en plus ils en ont plusieurs !) au lieu de les envoyer ad Patres à coups de poing bien de chez nous. Et que, comble de l'horreur, ils sont généralement croyants. Et que la religion, c'est le Mal.

Point barre.

L'édito ou la preuve que le féminisme n'est pas « qu'un regroupement de matrones moustachues et vindicatives, dont le seul but est de se confectionner des colliers de couilles » (pour un sous-titre ça fait long, mais c'est trop bon)

Sous le titre « Des hommes comme les autres », Gérard Biard articule le raisonnement qui va être celui de tout le hors-série, à savoir donner la définition du féminisme-le-vrai-le-seul-l'unique, ses buts, ses horizons et le mode d'action qui lui sied au teint. Et ça fait peur.

Après une mention ironique des vociférations d'Eric Zemmour (ça ne mange pas de pain, le sieur est si caricatural qu'il révulse toute personne normalement constituée), l'auteur rappelle les chiffres accablants au niveau mondial puis national (répartition genrée de la pauvreté, de l'analphabétisme, des violences?).

Mais ce constat, chiffré et peu contestable, l'amène immédiatement à une interprétation qui elle l'est nettement plus (contestable) : plutôt que d'articuler ce système d'oppression à d'autres eux aussi structurels, à la fois dans ce pays et dans le monde en règle générale, tels que la domination des Blancs sur les Non-Blancs, Gérard Biard les met en concurrence (« les premières victimes de l'esclavage, de l'exploitation, des discriminations, de l'injustice, de la misère, des inégalités et des violences, ce ne sont ni les minorités, ni les opposants, ni les immigrés, ni les colonisés, ce sont les femmes. »)

Quelle étrange énumération, et quelle étrange logique? Est-ce à dire que seule cette oppression vaut qu'on la combatte, ou qu'elle ne peut être croisée avec d'autres ? Y aurait-il une hiérarchie dans la souffrance ? Ne peut-on être à la fois une femme et non-blanche ? Et dans ce cas, s'amuse-t-on vraiment à savoir à quel titre on sert de punching ball ?

Pire encore, la phrase qui suit (« La moitié de l'humanité vit sous la domination de l'autre moitié, qui n'en est pas plus heureuse pour ça. ») occulte d'une façon proprement ahurissante le fait que le système patriarcal (qui d'ailleurs n'est jamais nommé en tant que tel dans l'édito) profite bien à une catégorie, en l'occurrence les hommes. Certains d'entre eux peuvent, bien heureusement, le déplorer et le combattre, voire s'en trouver effectivement malheureux. Mais nier qu'en tant que catégorie la domination leur profite est un véritable tour de passe-passe rhétorique?

Voulant ensuite déboulonner le mythe des féministes « moustachues et vindicatives, dont le seul but est de se confectionner des colliers de couilles » (on remarquera l'attention gourmande et imagée apportée à la description de ce qui, donc, n'est pourtant qu'un mythe !) [3], l'éditorialiste accumule les tournures ambivalentes, voire confinant au lapsus révélateur.

Outre le fait qu'il écrive qu' « En 2011, le féminisme ne prétend pas que la femme est meilleure que l'homme » ? laissant entendre par là que peut-être, en d'autres temps, c'est cela qui était prétendu mais que le féminisme contemporain est revenu à plus de modération et de retenue ? il répète à plusieurs reprises en trois phrases cette notion de « valeur » (la femme vaut « autant » que l'homme, « pas plus, pas moins »).

Ce qui décentre profondément le combat féministe qui lutte justement contre l'assignation qui est faite aux femmes à prouver leur valeur, la valeur au moins égale de leur travail, de leur pensée, de leur vie même. Ce qui est l'objet de la lutte, c'est l'égalité des droits, indépendamment de la notion de valeur.

La suite est du même tonneau. Gérard Biard y fait montre d'une ingénuité confondante, dont il est d'ailleurs permis de douter qu'elle est sincère, lorsqu'il écrit que « cela [le fait que le féminisme est une « bonne base pour bâtir un monde acceptable pour tous »] apparaît d'ailleurs de plus en plus comme une évidence ». On voit bien ce qu'il peut y avoir de rassurant à se le raconter, et l'énoncé pourrait presque passer pour une forme de sympathique wishfull thinking s'il n'éludait pas, une fois de plus, la résistance dure et organisée à tous les niveaux de la société, y compris dans les milieux médiatiques, qui travaille à nier cette « évidence » et fait tout pour que le féminisme n'en devienne jamais une.

Cette pensée est d'ailleurs réitérée plus tard lorsque l'auteur écrit « Au fond, c'est un mouvement [le féminisme] qui s'inscrit dans la « destinée » de l'être humain, qui n'a cessé d'évoluer depuis qu'il a quitté la condition d'amibe. » Si véritablement nous évoluons vers une « destinée » meilleure, alors pourquoi lutter ? Et surtout, si le féminisme est voué à advenir de façon inéluctable, comment expliquer tant de régressions, de combats défensifs contre des backlash parfois larvés, et de plus en plus souvent à ciel ouvert ? [4]

Enfin ? et cela donne sans doute la clef pour comprendre l'objet même de ce hors-série ?Gérard Biard fait la liste des « sujets de débat » qui selon lui sont traversés par « la question du rôle des femmes et de l'application de leurs droits », liste qui déclenche immédiatement une sirène d'alarme « : la laïcité, la bioéthique, la répartition du travail et des richesses, la gestion de l'allongement de la durée de vie? » [5]

On voit bien dans cette liste la priorité absolue accordée à la laïcité sur tous les autres combats. De ce point de vue, il semble bien que Charlie Hebdo ait le même type de priorité que les gouvernements UMP successifs, qui n'ont d'autres « fait d'armes » à présenter sur la question du droits des femmes que des lois racistes qui prétendent libérer les femmes de confession musulmane de la tutelle des hommes de même confession, laissant entendre que non seulement la relation homme/femme chez les Musulman-e-s tient forcément et uniquement de l'oppression, mais que de surcroit il s'agit là de la seule forme d'oppression des femmes existant en France (puisqu'en se tournant vers les Blancs-qui-ne-lui-veulent-que-du-bien, la Femme Musulmane Libérée n'a plus rien à craindre).

Le fait que la répartition du travail et des richesses n'apparaissent qu'en troisième place, après la bioéthique ( !) et qu'il ne soit nulle part fait mention de la violence masculine faite aux femmes (lutte contre le viol, le harcèlement sexuel, toutes les formes de brutalités dans le couple et au-delà?) est absolument affligeant pour un numéro censément dédié au féminisme.

L'édito se termine sur un paragraphe que l'on voudrait applaudir des deux mains : « Autrement dit, à l'heure où l'on ne cesse de déplorer la perte d'idéaux porteurs de lendemains qui ne chantent pas trop faux, le féminisme, loin d'être un combat dépassé, pourrait être un beau programme pour l'avenir. »

Le problème, comme avec tout programme politique, est qu'avant d'y adhérer, on doit en connaître le contenu. Et celui du « féminisme » à la Charlie Hebdo, s'avère des plus problématiques?

Deuxième partie

Textes de Dinaïg Stall

Charlie Hebdo : l'imposture féministe, 9 février
Le nom des gens n'est pas important, leur genre et leur religion si, Mars 2011
Notes
[1] Les éditocrates Ou comment parler de (presque) tout en racontant (vraiment) n'importe quoi, Mona Chollet et al., Editions La Découverte. Voir aussi sur lmsi la partie qui concerne Philippe Val et Charlie Hebdo, « L'obscurantisme beauf ».

[2] Voir le texte « Droits humains ou droits de l'homme » de Christine Delphy dans Un universalisme si particulier, Editions Syllepse.

[3] Plus tard, une question à Caroline Fourest évoque, toujours sur le mode de la dénégation, les « ?emmerdeuses avec de la moustache sous le nez » : décidément, la pilosité est un facteur décisif ! A toutes les féministes qui seraient moustachues parce que a) des hommes (bah oui, heureusement il y en a aussi? et le simple fait que cela ne soit jamais envisagé par Gérard Biard en dit long) b) des transgenres c) des femmes rejetant le diktat de la décoloration jaune pisseux au-dessus de la lèvre : tremblez ! On ne peut que se demander si Gérard Biard aurait utilisé le même type de langage s'il avait lui-même interviewé JD Samson, la chanteuse de Men qui arbore sans complexe une fine moustache !

[4] Voir Christine Delphy, « Retrouver l'élan du féminisme » dans Un universalisme si particulier, et ce qu'elle appelle le « mythe de l'égalité-déjà-là » et la « vision idéologique du progrès-qui-marche-tout-seul »

[5] On retrouve cette liste presque à l'identique dans une question posée à Caroline de Haas : « L'action féministe recoupe aujourd'hui la plupart des grands débats de société : la laïcité, la bioéthique, les retraites, les droits des homosexuels, même les débats qu'on instrumentalise, comme l'insécurité, la violence? » Vois comme il est pratique de parler d'instrumentalisation pour mieux s'en dédouaner : chacun-e sait bien qu'en France, à l'heure actuelle, la laïcité ne fait PAS partie des « grands débats de société qu'on instrumentalise »?

http://lmsi.net/Charlie-Hebdo-l-imp?

Thu Feb 09, 2012 15:08 (fr)
Cet article a été publié le 8 février sur le site internet du journal La Brique. Mi-janvier l'annonce résonne comme un coup de tonnerre : le cinéma tranquillou rue Gosselet, avec ses canapés et la Duvel à la pression, risque la fermeture. Sur son site internet, appel à dons et pétition pour le sauver. Suite à des « plaintes de voisinage », le lieu a été contrôlé à la fois pour son insonorisation et pour les normes de sécurité défaillantes. L'association l'Hybride a été créée en 2007. Avec une programmation (...) - locales / culture

Cet article a été publié le 8 février sur le site internet du journal La Brique.

Mi-janvier l'annonce résonne comme un coup de tonnerre : le cinéma tranquillou rue Gosselet, avec ses canapés et la Duvel à la pression, risque la fermeture. Sur son site internet, appel à dons et pétition pour le sauver. Suite à des « plaintes de voisinage », le lieu a été contrôlé à la fois pour son insonorisation et pour les normes de sécurité défaillantes.

L'association l'Hybride a été créée en 2007. Avec une programmation qui ne se limite pas à des projections et ouverte aux partenariats, elle fait rapidement sa place dans la métropole : de nombreux bénévoles assidu-es, un public régulier et assez hétérogène (plus de 10 000 adhérent-es sont passés par l'Hybride). C'est une autre façon de vivre le cinéma avec des canapés en guise de sièges, des murs en briques pour décor? Nous sommes loin du tout consommateur aseptisé à l'?uvre dans les grandes salles. À l'accessibilité financière facile (quatre euros pour un mois), l'Hybride est aussi un lieu d'exposition et d'échanges, de rencontres et de convivialité. Les projections sont fertiles en (re)découvertes de toutes sortes (court métrage, animation, documentaire, ciné-concert?) et les invités s'y succèdent (René Vautier, Adam Elliot, Enki Bilal?) Sans oublier la programmation « jeune public » qui se déroule le dimanche, en partenariat avec le cinéma l'Univers et propose aux enfants des ateliers d'éducation à l'image.

Une hostilité dans les parages ?

La police est venue l'été dernier, et plus récemment lors du Festival International du court métrage de Lille). Lors de la première soirée du festival, des bénévoles sont interrogé-es, la salle contrôlée et plusieurs avertissements tombent pour le bruit. Ces contrôles sont intempestifs et intrusifs dans la gestion du lieu. On reproche à l'Hybride des « nuisances sonores » pourtant relativisées par la plupart des voisins.

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Le procédé n'est pas nouveau : bars et autres lieux culturels un peu trop remuants subissent régulièrement les foudres de voisins susceptibles. C'est le cas du cinéma l'Univers auquel la Mairie a imposé la signature d'une charte de bon voisinage à cause des discussions tardives des clopeurs sur le pas de la porte. D'autres bars, accueillant régulièrement des groupes de musique comme le Modjo, rue du Marché, ou encore le Resto Soleil, rue Henri Kolb, sont eux aussi coutumiers des descentes de police. Au nom de leur tranquillité ou de leurs antipathies personnelles, des personnes peuvent mettre à profit des lois d'État de plus en plus draconiennes sur le son et la vie nocturne, voire des réseaux personnels, pour satisfaire leurs exigences. À ce train-là, c'est toute une vie sociale qui est remise en cause. Excepté quelques endroits intouchables, comme la gare Saint-Sauveur, les petits cafés ou les lieux associatifs se révèlent généralement incapables de satisfaire aux remises aux normes exigées, faute de moyens financiers. Le positionnement des collectivités locales n'est pas clair en termes de soutien, bien qu'elles se félicitent et profitent sans se poser de question de bien des apports des endroits menacés.

Des sous !

A l'Hybride, le montant des travaux d'insonorisation et de sécurité s'élève à 100 000 euros. Sommés d'effectuer les travaux au plus vite, les membres de l'association négocient actuellement un report des travaux à l'été prochain pour ne pas interrompre la saison en cours et plomber un peu plus le budget de l'association. En plus des dons du public [1], le lieu sollicite aussi la Mairie et le Conseil régional, déjà parties prenantes de son budget. Il n'est pas question ici de nier le réel apport financier et accompagnement avérés de ces partenaires, sans lesquels l'Hybride n'existerait plus, mais soulignons la disproportion des subventions accordées aux grandes structures. Depuis Lille 2004, la politique culturelle publique privilégie des gros acteurs et des actions d'éclat (de type « Europe XXL », « Fantastik »?) au détriment des associations qui créent pourtant du lien social toute l'année. La dimension spectacle populaire, la politique de l'événementiel, en mettent plein la vue (et les poches) comme avec la vitrine Lille 3000, fortement médiatisée, qui fait tant « la fierté » de la ville?Mais plus question de préserver la dynamique des acteurs associatifs locaux, aujourd'hui fragilisés, ou encore de permettre l'émergence de nouvelles structures. De plus en plus, les choix politiques et budgétaires de la ville comme de la région mettent des associations hors-jeu. Pourtant le travail dans chaque quartier, avec les publics locaux, génère une diversité associative évidente et nécessaire pour une ville qui se veut officiellement un lieu de « culture populaire ».

Ce problème dépasse évidemment le simple coût des travaux à l'Hybride. Lors de la réunion publique organisée le 25 janvier dernier pour la sauvegarde du lieu, un acteur du milieu associatif lillois déclare : « il y a un problème urgent aujourd'hui pour l'Hybride et je comprends ? c'est trouver un moyen financier de faire les travaux pour ne pas fermer. Mais il y a un problème de fond, et il faut que les structures associatives indépendantes qui sont fragilisées se serrent les coudes et que chacune arrête de tenter de survivre en solo. »

Les partenaires sur le point de refuser un soutien plus fort ?

Dialogues en cours avec les partenaires, quant aux solutions à trouver dans l'urgence?Y compris pour les contrats aidés de l'association qui, dans ce contexte, ne seront sans doute pas renouvelés. Après tout, 0,5 % du budget de la culture de la Mairie ne permettrait-il pas de maintenir les salariés sur des contrats à long terme ?

Pour le moment leur soutien est loin d'être acquis avec les raisonnements de bureaucrate qui se font jour. En effet pour un élu du Conseil régional venu à la réunion publique du 25 janvier tenue à l'Hybride, comme pour Martine Aubry [2], il n'est pas question d'investir à priori de l'argent public supplémentaire pour un lieu loué à un bailleur privé. Il serait bon de questionner alors les attributions publiques accordées aux géants associatifs, sans que l'usage de cet argent y soit remis en cause, qui plus est dans des proportions bien plus considérables : les sommes municipales investies pour Lille 3000 [3] ; les lourds investissements du Conseil régional au Louvre Lens (loin de faire l'unanimité auprès de la population locale [4], ou encore dans l'Orchestre National de Lille, réservé à la bourgeoisie pomponnée. Ne parlons même pas des sommes astronomiques allouées dans le domaine sportif (Grand stade, Jeux Olympiques 2012 de Londres?). Finalement, on se demande si le sauvetage de l'Hybride ne se fera pas exclusivement grâce aux dons de son public, particulièrement réactif et consterné face à la sérieuse menace qui plane. Plusieurs milliers d'euros à ce jour. Public, bénévoles, salariés, partenaires de programmation ponctuels ou plus réguliers sont en tout cas d'accord : l'Hybride ne doit pas fermer !

Benoit (photo de Ezéchiel Recorbet)
labrique.net.


[1] Site internet de L'Hybride et appel à don ici

[2] « On ne peut pas mettre l'argent des Lillois dans ce qui ne nous appartient pas », Voix du Nord du 7 février. Le tri postal a néanmoins bénéficié de 240 000 euros d'aide à travaux, bien que la mairie ne soit pas propriétaire du lieu.

[3] La mairie accorde un tiers du budget des subventions culturelles à Lille 3000

[4] Cf La Brique numéro 28, « Enquête sur le Louvre Lens » et ses conséquences pour l'habitat minier et la population locale.)

Thu Feb 09, 2012 14:18 (fr)
Journée de Mobilisation du 09/02/2012 Le GRETA est un GRoupement d'ETAblissements publics proposant des formations personnalisées pour les adultes. Nous sommes fonctionnaires ou contractuels de la Fonction Publique, pour certains en CDD ou en CDI, mais dans tous les cas des professionnels attachés à leur travail. L'Etat veut se désengager de la formation des adultes et changer le statut des GRETA en Groupement d'Intérêt Public (GIP). Ces changements apporteront des transformations à nos postes, nos (...) - locales / éducation

Journée de Mobilisation du 09/02/2012

Le GRETA est un GRoupement d'ETAblissements publics proposant des formations personnalisées pour les adultes. Nous sommes fonctionnaires ou contractuels de la Fonction Publique, pour certains en CDD ou en CDI, mais dans tous les cas des professionnels attachés à leur travail.

L'Etat veut se désengager de la formation des adultes et changer le statut des GRETA en Groupement d'Intérêt Public (GIP). Ces changements apporteront des transformations à nos postes, nos statuts et notre travail.

Quels devenirs pour les personnels ?
Quels devenirs pour les formations proposées ?

C'est pourquoi des personnels se mobilisent et interpellent stagiaires et Direction sur l'évolution du GRETA.

Soyons, ensemble, solidaires pour préserver la qualité de la formation continue du service public

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