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Tue Nov 25, 2014 21:34 (fr)
Nous sommes le jeudi 2 août 2012, comme presque chaque jour depuis son arrivée difficile sur le territoire français huit mois plus tôt, Yuan'é Hu est là, sur le pavé bellevillois. Comme plusieurs centaines d'autres chinoises d'une quarantaine d'années, elle a quitté sa vie, sa fille, sa famille et ses amis pour la grande traversée. L'Europe et ses promesses, la promesse d'un salaire « décent », de conditions de travail moins dures, d'une « liberté » mise en scène sur les rares médias occidentaux qui n'ont pas (...) - non locales / sexisme
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Nous sommes le jeudi 2 août 2012, comme presque chaque jour depuis son arrivée difficile sur le territoire français huit mois plus tôt, Yuan'é Hu est là, sur le pavé bellevillois. Comme plusieurs centaines d'autres chinoises d'une quarantaine d'années, elle a quitté sa vie, sa fille, sa famille et ses amis pour la grande traversée. L'Europe et ses promesses, la promesse d'un salaire « décent », de conditions de travail moins dures, d'une « liberté » mise en scène sur les rares médias occidentaux qui n'ont pas été filtrés par les autorités du Parti Communiste Chinois. Mais comme tant d'autres, Yuan'é Hu, à qui un passeur promettait un travail comme les autres et un salaire qui lui permettrait de renvoyer un peu d'argent au pays, et peut-être un jour des papiers, s'est bien faite avoir. C'est ainsi qu'elle finit sur le trottoir à vendre son corps dans des conditions de misère, à partager une chambre avec huit autres femmes à qui, comme elle, on a refusé toute dignité.

Peut-être que Yuan'é Hu était impressionnée par l'exhibitionnisme de certains de ses compatriotes, les quelques-uns qui flânent dans des 4x4 et des limousines le jour de leur mariage, qui ont eu les papiers et qui ne se soucient plus que d'eux-mêmes, la plupart du temps, en exploitant les moins chanceux d'entre eux. Peut-être Yuan'é Hu s'imaginait pouvoir bénéficier d'une solidarité de la communauté, elle n'en a reçu que du mépris, de la honte et de l'exclusion. Comme souvent. Comme on dit parfois, « le dernier rentré ferme la porte », et « chacun pour sa gueule ». À sa fille, qu'elle essayait de contacter tous les quinze jours, elle racontait travailler dans la confection, complétant ses journées par un travail occasionnel de nourrice, « que c'était dur et fatiguant, mais que tout allait bien »?

Évidemment, comme pour beaucoup de sans-papiers, exploités, mutilés par la misère, harcelés par les flics et privés de tout confort, Yuan'é Hu n'a pas vraiment eu le choix lorsque de misérables individus lui ont expliqué que pour rembourser ses passeurs elle devait tapiner, ou crever dans la terreur.

Nous sommes le jeudi 2 août 2012, comme presque chaque jour depuis son arrivée difficile sur le territoire français huit mois plus tôt, Yuan'é Hu est là, sur le pavé bellevillois. Elle attend sur le goudron brûlant du terre-plein de Belleville qu'un client se présente à elle et lui offre, en échange de sa dignité, quelques billets qui passeront directement de la poche du client à celle du proxénète. Celui-ci négocie, les prix ne lui conviennent pas. Dans ce monde, acheter un corps, c'est un peu comme acheter un tapis, ça se négocie. Yuan'é Hu transige, elle accepte. Elle emmène le client dans la sordide cage à poule qu'elle loue pour les passes. On ne la retrouvera pas avant le soir, dénudée, étranglée avec la sangle de son sac à main, des traces de violences à l'extérieur comme à l'intérieur de son corps. Yuan'é Hu est morte.

Morte de l'indifférence. Morte dans l'indifférence. Morte de la misère. Morte de la trahison. Morte de la confiance. Morte des frontières humaines. Morte de la violence des hommes.

La justice vient de condamner son meurtrier à 20 ans de prison, comme si celui-ci était le seul responsable de sa mort. Comme si c'était un « fait divers » isolé et déconnecté de tout contexte social, le fait d'un homme dont l'élimination réglerait le problème. Comme si cette même justice d'abattoir qui chaque jour enferme et expulse des centaines de personnes à la chaîne parce qu'elles ne possèdent pas le bon bout de papier n'avait rien à voir là-dedans (on se souviendra par exemple des prostituées chinoises sans-papiers enfermées en centre de rétention en décembre 2013 suite à un coup de filet dans le XIIIe ardt. justifié par la « lutte contre le proxénétisme » et des dizaines raflées ce même mois par les flics à Belleville). Comme si la terreur d'Etat, à travers ses juges et ses flics, ne portait pas la responsabilité des morts quotidiennes de prostituées sans-papiers, de migrants tirés à vue comme des lapins aux frontières de l'Espagne, coulés en masse sur des rafiots de misère au large de l'Italie ou échoués sur les barbelés de Grèce. Comme si les porcs en uniformes, qui jouent aux protecteurs de la veuve et de l'orphelin n'étaient pas responsables de la peur-panique permanente qui poussa Yuan'é Hu à vivre cachée des yeux des riches et des divers uniformes, à vivre comme une mort-vivante, clandestinement, indésirable. Yuan'é Hu pensait qu'elle devait tapiner ou crever dans la terreur, mais au final, ce fut les deux.

Aujourd'hui, nous avons envie de pleurer Yuan'é Hu et tous les autres, mais la tristesse n'a jamais fait tomber de murs, la rage et la révolte, elles, oui.

À Yuan'é Hu, à toutes celles et ceux que la misère tue en silence, que l'Etat tue sans même se salir les mains, que le capitalisme affame sans que personne n'ait à se sentir responsable.

À l'idée qu'un jour nous nous soulèverons, indésirables de ce monde, et vengerons les offenses des Etats, des flics, des patrons et des communautés.

Mort aux pouvoirs.

[Extrait de Lucioles n°20, Bulletin anarchiste de Paris et sa région, décembre 2014.]

Tue Nov 25, 2014 18:25 (fr)
Grève, blocage, actions, occupation ??? AG contre les violences d'Etat Mercredi 12h dans le Hall Bât A de Lille 3 La police assassine. Ni oubli ni pardon ! Des centaines d'actions, de manifs, d'occupations et de blocus de facs et de lycées s'organisent depuis la mort de Rémi Fraisse partout en France et même au-delà. Cette mort survient après de violentes interventions policières répétées contre les opposants à des projets capitalistes. Ce drame était prévisible, pour ne pas dire programmé? Dans (...) - agenda / répression policière

Grève, blocage, actions, occupation ???

AG contre les violences d'Etat
Mercredi 12h dans le Hall Bât A de Lille 3

La police assassine. Ni oubli ni pardon !

Des centaines d'actions, de manifs, d'occupations et de blocus de facs
et de lycées s'organisent depuis la mort de Rémi Fraisse partout en
France et même au-delà. Cette mort survient après de violentes
interventions policières répétées contre les opposants à des projets
capitalistes. Ce drame était prévisible, pour ne pas dire programmé?

Dans les quartiers, dans les luttes, en prison et aux frontières la
police tue !

Il faut replacer le meurtre de Rémi dans une histoire longue où la
police apparaît très clairement pour ce qu'elle est : un appareil chargé
de dominer, bannir et soumettre les couches sociales qui auraient le
plus intérêt à se débarrasser de ce système parce qu'elles en
bénéficient le moins.

Si l'on parle aujourd'hui d'un mort en manif, il ne faut pas oublier que
la police, la justice et l'État mutilent et tuent de manière quasi
quotidienne et plus discrète dans les rues, dans les prisons, aux
frontières ?comme à Calais. Ce sont toujours les mêmes qui sont visés :
les « classe dangereuses » des quartiers populaires, et les personnes
qui luttent contre le sort qui leur est fait.

Samedi dernier une quatrième manif contre les violences policières a été
organisée à Lille, à l'appel de l'assemblée réunie suite à la mort de
Rémi Fraisse, tué par la police le 26 octobre 2014. Prétextant du fait
que deux ou trois panneaux publicitaires, symboles de la
ville-marchandise, aient été conséquemment critiqués, la police a
attaqué le cortège pendant que, non loin de là, Mr le président se
pavanait à la Coupe Davis.

Lorsque l'Etat n'a plus rien d'autre à offrir que la crise et les
« coupes budgétaires », le processus de militarisation des forces de
l'ordre reflète un système qui s'effrite et ne tient, de plus en plus,
que par sa police. A la fac, les conditions de vie des étudiantes et
étudiants sont de plus en plus précaires, au moment où les facs
s'apprêtent à connaître une sérieuse « cure d'austérité », qui signifie
concrètement une baisse de moyens pour les universités de 200 millions
d'euros d'ici la fin de l'année !

Les raisons de se révolter se multiplient et si la police doit
matraquer, mutiler à coup de flashball ou tuer à coup de grenade pour
faire régner l'ordre marchand, et bien qu'à cela ne tienne ! Ils
n'hesitent pas. En toucher un pour faire peur à tous? mais jusqu'à
quand ?

Soyons nombreux à l'Assemblée de mercredi contre la terreur économique
et policière de l'Etat et décidons des modes d'action appropriés.

Tue Nov 25, 2014 17:59 (fr)
Éléments de réponse à propos des accusations d'antisémitisme vis-à-vis des luttes pro-palestiniennes. Je n'avais pas particulièrement envie de consacrer du temps à écrire un tel texte - qui équivaut à mes yeux à un gaspillage de temps. Mais après la lecture d'énièmes propos désolants sur internet, je me suis dis que cet effort est bien à la hauteur de la nécessité au vu de la bêtise ambiante. Oui je suis fatiguée de ces discours, non je n'ai pas prévu de les aborder avec complaisance. L'un des discours (...) - analyses / antifascisme, lois sécuritaires, critiques des médias

Éléments de réponse à propos des accusations d'antisémitisme vis-à-vis des luttes pro-palestiniennes.

Je n'avais pas particulièrement envie de consacrer du temps à écrire un tel texte - qui équivaut à mes yeux à un gaspillage de temps. Mais après la lecture d'énièmes propos désolants sur internet, je me suis dis que cet effort est bien à la hauteur de la nécessité au vu de la bêtise ambiante. Oui je suis fatiguée de ces discours, non je n'ai pas prévu de les aborder avec complaisance.

L'un des discours récurrents, lorsque des personnes veulent attaquer l'air-de-rien les luttes pro-palestiniennes, est évidemment la fameuse question de l'antisémitisme en son sein. Consciemment ou non, cette réflexion ? fondée sur aucune donnée objective ? permet de jeter le discrédit sur l'ensemble d'une lutte. Lutte qui, rappelons-le, perdure depuis des décennies, brasse des milliers d'individus, embrasse de nombreuses nationalités, étiquettes politiques et confessions. Mais pourtant, de manière imperturbable, des personnes droites dans leurs bottes et leurs préjugés défendent leur conviction que cette lutte est contaminée par un antisémitisme insidieux.

Est-ce que des personnes se disant touchées par la situation palestinienne sont antisémites ? Oui, certaines le sont. Est-ce qu'elles sont représentatives de l'ensemble des soutiens de la cause palestinienne ? Assurément pas. Existe-t-il au sein des principales organisations des propos écrits ou oraux antisémites, notamment qui amalgameraient l'ensemble de la communauté juive à la politique de l'État d'Israël ? Absolument pas. Est-ce que l'antisémitisme se limite aux personnes ayant des sympathies pour la Palestine ? Définitivement pas. L'antisémitisme est présent partout dans la société française, ce n'est pas une spécificité de cet espace précis.

Alors, comment en est-on venu à entendre régulièrement ce type de considérations dans nos milieux ? Je ne vais pas m'attarder sur la question de la construction médiatique de l'opinion publique, ni plus précisément sur cette idée de l'antisémitisme dans les luttes pro-palestiniennes. Cet argument est développé par l'État israélien à qui l'on doit reconnaître un travail de communication d'une terrifiante efficacité. La machine de guerre fonctionne certes très bien, le prêt-à-penser made in Israël s'exporte à coup d'articles de presse et de déclarations politiques, jusqu'à ce qu'arrive le moment où n'importe qui n'ayant jamais mis les pieds dans une manifestation en soutien à la Palestine a lui aussi son opinion sur la question. Mais ce qui est inquiétant, c'est que les milieux militants subissent cette même tendance. Il est d'ailleurs ironique que des personnes militantes, s'inscrivant dans une critique radicale de l'État, de notre société et de ses médias, assimilent aussi mollement des informations qui leur sont données, surtout quand elles flirtent joyeusement avec des amalgames racistes et islamophobes.

Cela étant malheureusement nécessaire d'être précisé, oui il existe une vigilance à la reprise des propos antisémites lors d'événements publiques ou lors d'échanges, non il n'y a pas de complaisance vis-à-vis du combo de " jeunes, arabes de cité et/ou musulmans et/ou délinquants et/ou antisémites [barrer les mentions inutiles] ", oui les gens font l'auto-critique de leur lutte ? merci de vous en inquiéter ?, mais non il n'y aura pas de compte-rendu de réunion publié pour prouver qu'une introspection est faite pour interroger son antisémitisme archaïque (au sens psychanalytique du terme). Je trouve malheureux que trois abrutis et un demeuré semblent plus significatifs aux yeux de certains qu'un millier de manifestants dont les propos ne sont pas critiquables.

« Si je me suis attelée à l'écriture de ce livre, en 2005, c'est que certains défenseurs de l'État d'Israël ont commencé à rendre publique l'idée que critiquer Israël serait un acte antisémite. Cela m'a mise très en colère. Depuis les controverses talmudiques, le débat d'idées est une composante essentielle de la pensée juive. Ce chantage m'est apparu comme un acte de censure insupportable, inspirant la terreur d'être traité d'antisémite. À titre personnel, je n'aurais jamais pensé pouvoir l'être un jour. [?] Cette expérience a été choquante, très douloureuse. Pour un Juif, il n'y a pas pire accusation.
Faut-il se taire ? Faut-il désavouer sa judéité sous prétexte qu'on n'accepte pas la politique d'Israël ? Non, Israël ne représente pas tous les Juifs, et le sionisme n'a pas le monopole du judaïsme. »
Judith Butler, janvier 2014

Israël n'a jamais eu grand chose à voir avec le judaïsme, cela n'a été qu'un projet colonial dès le début de la théorisation du sionisme. Que des milliers de juifs aient voulu croire en une société meilleure dans ce qui fut nommé un foyer juif, cela peut se comprendre. Mais, à présent, nous sommes très loin de l'utopie des premières migrations, les personnes savent quelle est la politique menée par cet État. Les colons qui s'installent en Cisjordanie sont à l'image de ce qu'est le sionisme : raciste, violent, expansionniste. Comme le rappelle Ilan Pappé dans Le nettoyage ethnique de la Palestine, le sionisme ne s'est jamais inscrit dans un désir de coexistence, c'est un projet méthodique de vol systématique des terres et des ressources, incluant l'expulsion des populations présentes jusqu'à l'obtention du territoire défini sur des critiques bibliques (1).
Il semblerait que de nombreuses personnes pensent que soutenir la Palestine signifie la destruction d'Israël. À titre personnel, mis à part le fait qu'en tant que non-palestinienne mon avis ne compte pas dans l'échiquier, oui d'une certaine manière je peux dire que je suis pour la destruction de l'État d'Israël. Je le suis au bénéfice d'un seul État qui reconnaisse les mêmes droits à tous, quelques soient les origines et la religion. Je le suis au bénéfice du droit au retour de tous les palestiniens, je le suis au prix d'un reconnaissance de ce qu'a fait subir Israël depuis plus de soixante-six ans, je le suis au détriment de tous les israéliens d'extrême-droite. Edward Saïd disait également que cette solution se ferait au prix d'une capacité des palestiniens à pardonner (2). Je suis contre l'apartheid, je suis pour la destruction du mur de séparation. Je suis contre la culture de la haine, de la domination et de la ségrégation ethnique, je suis pour l'intelligence, le respect et la liberté. Mais, honnêtement, nous savons que cette solution n'arrivera jamais parce que ce n'est pas la finalité du sionisme et c'est bien pour cela que tant de personnes haïssent l'État d'Israël.

Quand à la question d'être anarchiste et de tenir ce genre de discours, j'ai seulement envie de signaler qu'à l'heure actuelle nous ne vivons pas dans le monde des Barbapapas, donc on va faire avec ce que l'on a. Le jour où un État palestinien, ou un État multi-confessionnel ou autre, existe ? ce qui, rappelons-le, n'arrivera sans doute jamais ? à titre personnel je revisiterai ma position politique. En attendant, par instinct je me range du côté des opprimés. Si des personnes ne comprennent pas cela, et si elles considèrent cela comme étant de l'antisémitisme, alors soit.
Si Israël est au centre de l'attention d'autant de militants occidentaux, cela n'est pas une question d'antisémitisme refoulé. D'abord, rappelons qu'Israël bombarde Gaza tous les deux ans, ses militaires tirent à balles réelles dans le dos de gosses, que cet État a construit un mur de 709 km et que ses colons brûlent des champs appartenant à des Palestiniens, difficile de faire moins discret comme occupation. Ensuite, il y a eu une nette amélioration du travail de communication de collectifs palestiniens et/ou israéliens, ainsi que du réseau occidental de solidarité (dont certains sont en effet problématiques, mais qui pense sérieusement que les Palestiniens sont supposés être au fait de l'actualité antifasciste française ?). Pour finir, ce combat cristallise un sentiment d'impuissance et une colère face à l'arbitraire. C'est une situation sans solution dans laquelle le peuple colonisé perd toujours un peu plus avec la connivence de nos gouvernements occidentaux. La libération de la Palestine n'est pas une fin en soi, c'est un symbole.

« Politiquement et stratégiquement la bonne action à entreprendre n'est donc pas la séparation, mais la révolution mondiale dans le but d'anéantir l'impérialisme, ainsi les gens seront libres de prendre en main leur destin. L'autodétermination et l'indépendance nationale ne pourront réellement exister tant que l'impérialisme américain vivra.

C'est pourquoi nous ne soutenons pas le nationalisme en tant qu'objectif. Dans certains cas, nous pouvons soutenir le nationalisme en tant que stratégie, nous l'appelons le nationalisme révolutionnaire. Les raisons en sont internationalistes, parce que les révolutionnaires tentent de dégager des territoires libérés pour étrangler l'impérialisme en lui arrachant des pays.
Lorsque les motivations de la libération nationale sont seulement de créer un État capitaliste de sorte que les cercles de pouvoir de cet État capitaliste puissent s'aligner sur l'impérialisme américain, alors il s'agit d'un nationalisme réactionnaire et il ne peut pas être soutenu par des révolutionnaires. Israël a été créé par l'impérialisme occidental et maintenu par la puissance de feu occidentale. »
Huey P. Newton, 1972

Lutter contre la montée de la xénophobie en France est important. Mais lutter contre la Palestine pour lutter contre l'antisémitisme français est complètement absurde. Quand je vois le positionnement de certaines personnes que j'ai pu côtoyer dans des contextes de lutte s'enfermer dans de tels discours, je ne peux que me sentir désolée pour eux. Sérieusement, passer une telle énergie a démontré des supposées incohérences politiques ou l'antisémitisme des militants pro-palestiniens relève de la pathologie. À un moment, il est nécessaire de reconnaître que cette démarche est stérile et qu'elle ne nourrit aucunement la réflexion globale, voire elle ne fait qu'envenimer des clivages.

Il faut être d'une incroyable malhonnêteté intellectuelle pour mettre dos à dos le nationalisme xénophobe israélien et une lutte de libération d'un peuple opprimé, il faut être sacrément de mauvaise foi pour oublier que le problème de l'État d'Israël n'est pas seulement la colonisation de la Palestine, mais c'est également une société capitaliste et militarisée, qui met en place une hiérarchisation systématique de ses populations sur des critères religieux et ethniques, il faut être un peu stupide pour omettre la politique guerrière que mène cet État au détriment de toute rationalité politique, et il faudrait être abject pour ne pas reconnaître la légitimité d'un peuple à défendre le peu de terre qu'il lui reste.

Il est amusant de constater que diverses luttes contemporaines de libération nationale (Chiapas, Irlande, Kurdistan, etc.) sont acceptables pour certains, y compris avec leurs défauts, à l'exception de celle de la Palestine. Cela venant de personnes qui ne savent pas faire la différence entre le FPLP et le FPLP-RG, qui ont une méconnaissance certaine ? à la lecture des argumentaires ? des enjeux géo-politiques de la région, qui sont incapable de comprendre dans quelle historicité certaines alliances se sont construites et qui ont une vision adorablement naïve des origines du projet sioniste. Ce qui n'est pas grave en soi, puisqu'il n'est pas possible de se spécialiser sur tous les sujets et le Moyen-Orient est riche de rapports inter-étatiques et inter-confessionnels particulièrement complexes, mais dans ce cas il vaut mieux se taire.
Mais, je ne sais pas que dire de la culture politique de ces personnes si elles ne sont même pas capable de considérer qu'un rapport de domination coloniale existe, qu'il est légitime d'y résister, que la résistance palestinienne ne se résume pas aux quatre groupes armés dont les médias occidentaux parlent (étiquetés djihadiste et/ou salafiste et/ou islamiste et/ou n'importe quel terme qui provoque chez l'occidental moyen un relent de haine en pensant à un barbu en djellaba coiffé d'un kufi, qui ne rêverait que d'égorger des juifs), qu'il existe de nombreux réseaux de solidarité avec des israéliens qui luttent également contre leur propre État (et non, ce ne sont pas des cautions de " bons juifs ", ce sont des alliés, voire des camarades ou des amis, qui mettent leur corps en jeu au quotidien).

Je ne vais pas revenir point par point sur toutes les inepties que j'ai pu lire dans divers textes ou commentaires, mais ce qui est commun à ces écrits est l'absence d'argument politique, au profit d'un ressentiment qui est davantage de l'ordre de l'émotionnel. Celui-ci vient, pour certains, de l'expérience douloureuse de l'antisémitisme, pour d'autres d'un racisme intériorisé. Il y a sans doute d'autres raisons. Mais il est flagrant que ce sont des considérations de personnes occidentales, quelque soit leur culture d'origine, qui jettent un ensemble de jugements sur la lutte d'un peuple non occidental à propos de sa terre, de sa culture et de son histoire. Une nouvelle fois, cela ne signifie pas qu'il faut idéaliser ce qui s'y passe ou se montrer condescendant, seulement il y a des contextes, des espaces et des personnes propices pour s'inscrire dans une critique et d'autres non. Lorsque l'on veut lutter contre le colonialisme, en tant qu'occidental, la première chose à apprendre c'est à fermer sa gueule.

« C'est bien si les paramètres idéologiques et tactiques que vous choisissez fonctionnent pour vous, mais ils ne fonctionnent pas pour tout le monde, et ils ne marchent définitivement pas pour nous. Il est donc malheureux qu'au cours de nombre d'échanges que nous avons eu avec des anarchistes nord-américains (et dans une moindre mesure avec des anarchistes européens), certains de nos camarades aient tenté de nous imposer leur idéologie politiquement correcte.

C'est aussi malheureux que beaucoup de nos camarades occidentaux aient intégrés le ton paternaliste de leurs gouvernements impérialistes, et le réutilisent inconsciemment avec leurs camarades du tiers-monde. Trop de fois, nous avons trouvé nos camarades en train de nous dicter avec qui nous devrions nous allier, ou comment nous devrions traiter les causes qui nous sont propres, comme l'islam politique, la révolution syrienne, les tactiques anti-gouvernement et les organisations d'écologistes et de féministes radicaux.

Nous sommes à l'autre bout de l'équation, celui qui se mange des missiles autoguidés, des obus à l'uranium appauvri, et l'impérialisme depuis des décennies. Nous pouvons vous le dire honnêtement, quoi que vous ayez pu tenter, cela ne marche pas pour nous, et il semble que cela ne marche pas bien pour vous non plus.

Nous vivons sous des régimes autoritaires depuis des dizaines d'années, beaucoup d'entre nous sont radicalement anti-autoritaires par instinct ; étudiants, ouvriers et artistes, pères et mères, jeunes et vieux. Presque tous, parmi nous ont personnellement subi et survécu à la répression de l'État ces dernières années ; mais la plupart d'entre nous ne s'identifient pas comme anarchistes, spécialement cet anarchisme qui est toujours pour beaucoup d'entre nous une idéologie fermée, blanche-européocentrée avec son c?ur post-moderne. »
Radical Beirut, mai 2013

1. Dans la préface, Ilan Pappé décrit la réunion qui a eu lieu, le 10 mars 1948, à Tel- Aviv. Ce jour, onze hommes ? quelques vieux dirigeants sionistes et de jeunes officiers ? « apportent la touche finale à un plan de nettoyage ethnique de la Palestine ». Le soir même, « des ordres militaires sont diffusés aux unités sur le terrain afin qu'elles préparent l'expulsion systématique des Palestiniens » de zones définies à partir de la répertorisation élaborée à partir des années trente. Six mois plus tard, la grande majorité de la population palestinienne ? environ huit cent mille personnes, soit 57, 2 % de la population ? a été expulsée, cinq cent trente et un villages détruits et onze villes vidées.

2. Sur cette question du pardon, en tant qu'occidentale c'est une notion que je ne peux pas mesurer et sur laquelle je n'ai pas de jugement à poser. Je n'ai aucune idée de ce que signifie le fait d'être chassé de sa terre, de perdre ses droits et d'être oppressé. Je ne sais pas comment il est possible de pardonner, mais je peux mesurer combien cela peut être compliqué. C'est pour cela que je resitue ce positionnement comme étant celui d'Edward Saïd. Leila Khaled parle également d'une Palestine que « nous retrouverons et dont nous ferons un paradis sur terre pour les Arabes et les Juifs et les gens qui aiment la liberté ».

une militante antisioniste

Tue Nov 25, 2014 17:52 (fr)
SAMEDI 13 DÉCEMBRE 2014 UNIVERSITÉ PARIS-8 SAINT-DENIS amphi D001 Métro : Saint-Denis Université (Ligne 13) JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE L'ISLAMOPHOBIE Paris, Amsterdam, Londres, Bruxelles? UNE BATAILLE POUR LES DROITS CIVIQUES ! Le racisme gangrène nos sociétés : contrôles au faciès, destructions de camps roms, agressions de femmes voilées, discriminations à l'embauche et au logement de personnes portant des noms à « consonance étrangère », circulaire Chatel contre les mamans voilées? Les (...) - non locales / lois sécuritaires, contrôle social, luttes sociales

SAMEDI 13 DÉCEMBRE 2014

UNIVERSITÉ PARIS-8 SAINT-DENIS
amphi D001
Métro : Saint-Denis Université (Ligne 13)

JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE L'ISLAMOPHOBIE

Paris, Amsterdam, Londres, Bruxelles?

UNE BATAILLE POUR LES DROITS CIVIQUES !

Le racisme gangrène nos sociétés : contrôles au faciès, destructions de camps roms, agressions de femmes voilées, discriminations à l'embauche et au logement de personnes portant des noms à « consonance étrangère », circulaire Chatel contre les mamans voilées?

Les attaques contre des populations décrites comme « dangereuses » se multiplient. Elles s'inscrivent dans un climat idéologique et médiatique qui, au nom de la « guerre contre le terrorisme » ou d'une conception particulièrement cynique de la devise « liberté-égalité-fraternité », entretient la haine contre ceux ? et celles ? qui sont décrits comme « étrangers ».

Depuis une trentaine d'années, et singulièrement depuis 2001, l'islamophobie est devenue le canal privilégié d'expression ? et même de régénération ? d'un racisme d'État. Instrumentalisant de « nobles principes » (la laïcité, la République, l'égalité des sexes?), un redoutable système d'exclusion se construit jour après jour, en France comme dans les autres pays européens.

Alors que le Vieux Continent traverse une grave crise économique et sociale, il est particulièrement dangereux de désigner des boucs émissaires à la vindicte populaire (musulmans, Noirs, Roms?). La désaffection des victimes à l'égard des forces de gauche qui ne les défendent pas, comme la progression fulgurante de l'extrême droite à l'échelle continentale, ces dernières années, en témoignent.

Le racisme ne disparaîtra pas tout seul. Aujourd'hui comme hier, il faut se battre pour faire reculer cette forme particulièrement vicieuse de racisme qu'est l'islamophobie. Comme les Noirs américains dans les années 1950-1960, comme les travailleurs immigrés des années 1970-1980, il faut continuer la bataille pour les droits civiques et pour l'égalité.

Après le succès de la première « Journée internationale contre l'islamophobie » qui a rassemblé plusieurs centaines de personnes à Paris en décembre 2013, nous organisons une nouvelle journée de réflexion et d'action le samedi 13 décembre 2014, en associant plus de forces et d'organisations, et en travaillant en coordination avec les groupes qui, dans d'autres pays européens, se mobilisent contre l'islamophobie et organiseront au même moment des rassemblements similaires au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Belgique?

Venez nombreux-ses !

PROGRAMME

9H30 ? 12H30
TABLE RONDE - L'ISLAMOPHOBIE DANS TOUS SES ÉTATS

13H45 - 16H15
ATELIERS THÉMATIQUES - SIX ATELIERS AU CHOIX

16H 30 - 17 H
RELEVÉ DE CONCLUSION DES ATELIERS

17H - 19H
TABLE RONDE - VAINCRE LE RACISME ET (RE)CONQUÉRIR NOS DROITS

19H - 20H
PERFORMANCE ARTISTIQUE - « MUSULMAN » ROMAN

Contact : islamophobie13dec2014 gmail.com
#JICI2014 Twitter : @JICI2014
Facebook : Journée internationale contre l'islamophobie

Télécharger le programme

Organisations et associations participantes : Participation et spiritualité musulmanes (PSM), Collectif Féministes pour l'égalité (CFPE), Mamans Toutes Égales (MTE), Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes (ARDLFM), Collectif des musulmans de France (CMF), Commission Islam et laïcité, Union juive française pour la paix (UJFP), Mouvement du christianisme social, Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP), Parti des indigènes de la République (PIR), Collectif enseignant pour l'abrogation de la loi du 15 mars 2004 (CEAL), Collectif antifasciste Paris-Banlieue (CAPAB), Union des organisations islamiques de France (UOIF), Institut de recherche et d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (iReMMO), Cedetim/Ipam, ATTAC France, Front thématique antiracismes du Front de gauche, Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Ensemble, Sortir du colonialisme, Fondation Frantz Fanon, Collectif Stop le contrôle au faciès, Studio Praxis, Femmes plurielles, AFD International, International Jewish Antizionist Network (IJAN), Tayush (Belgique), Bruxelles Panthères.

Médias : Saphirnews, Oumma.com, BeurFm, Politis, Mediapart, Radio Orient, Basta !, Radio France-Maghreb?

Lieu : UNIVERSITÉ PARIS-8 SAINT-DENIS - Amphi D001
Métro : Saint-Denis Université (Ligne 13)

Tue Nov 25, 2014 17:48 (fr)
En travaillant chez moi j'écoute la radio, TSF Jazz, dans ces conditions il est difficile de ne pas enregistrer le nombre de passage des titres de Idan Raichel. Cela m'agace certes parce que je sais de qui il s'agit et quel ressort anime le personnage. Mais chacun est libre d'écouter ou non. Par contre à midi aujourd'hui ce que j'ai entendu pour promouvoir le spectacle de ce soir au New Morning a franchi mon seuil de tolérance. Le comble de l'ignorance ou de l'hypocrisie consiste à parler et faire (...) - non locales / crimes de guerre, critiques des médias, racisme

En travaillant chez moi j'écoute la radio, TSF Jazz, dans ces conditions il est difficile de ne pas enregistrer le nombre de passage des titres de Idan Raichel. Cela m'agace certes parce que je sais de qui il s'agit et quel ressort anime le personnage. Mais chacun est libre d'écouter ou non.

Par contre à midi aujourd'hui ce que j'ai entendu pour promouvoir le spectacle de ce soir au New Morning a franchi mon seuil de tolérance.

Le comble de l'ignorance ou de l'hypocrisie consiste à parler et faire parler ce sinistre individu de PAIX. Ce mot dans la bouche des assassins, des collabos et des imbéciles finit par donner la nausée.

Soit on a affaire, à TSF JAZZ, à une équipe qui ne sait pas travailler, vérifier ses sources, s'arrête aux dossiers de présentation des musiciens et de leurs tournées préparés en accord et avec les financements des ministères et ambassades israéliennes, ou alors on a affaire à une équipe d'une immense naïveté. Sauf qu'en ce moment précis, des personnes payent de leur vie le prix de cette inconscience ou cette ignorance. Comment ose-t-on présenter ce sinistre salopard comme un homme de paix, je n'en reviens pas. Alors moi qui ne suis pas journaliste, mais c'est vrai je connais bien Israël et je connais la réputation de Raichel là-bas, où tous mes amis d'opposition ont cessé d'acheter ses disques, j'ai juste consulté Google pour retrouver des infos élémentaires et fiables.

Raichel un homme de paix qui soutient la torture et le viol

Raichel a pris fait et cause pour soutenir en Israël l'officier de renseignement Doron Zahavi dit « Captain George » jugé pour torture et viol du prisonnier libanais Mustapha Dirani afin d'obtenir des informations sur le soldat disparu Ron Arad. Voici les déclarations relevées sur son blog en juin 2014 :

« L'homme à qui nous devons des informations sur Ron Arad au lieu de recevoir une médaille se bat pour sa réputation. C'est une sale honte pourrie. Dirani ne s'est jamais préoccupé des droits humains fondamentaux de Arad. C'est vraiment sans aucun intérêt pour moi de savoir comment ?George? a obtenu de Dirani les informations sur Arad. HONTE ! »?
« Dites-moi si pendant son interrogatoire il aurait suffi de lui lire de la poésie du 15e siècle pour finir par le briser afin qu'il nous fournisse des informations sur le malheureux Arad. J'ai le sentiment que d'un côté ?George? n'est pas un spécialiste de ce type de poésie ; mais d'un autre côté, il connaît vraiment bien son propre boulot. »
(Extraits traduits, rapportés du blog de Idan Raichel sur :
http:// . www . richardsilverstein.com/2014/01/06/idan-raichel-israeli-world-music-star-endor...

The Idan Raichel Project : un montage de la propagande israélienne

(Extrait traduit à partir du site de l'Alternative Information Center : http://www.alternativenews.org/engl?)

En 2012 « the Idan Raichel project » qui a produit un CD très écouté en France aussi, était le fruit d'une « tournée organisée en Afrique à l'initiative et avec le financement du ministre des affaires étrangères et des ambassades israéliennes d'Afrique afin de présenter une image d'Israël, société accueillante et multiculturelle.

Le directeur de la division africaine du ministère des affaires étrangères Avi Granot a indiqué ?le but en envoyant Raichel en Afrique était de présenter sous son meilleur jour la culture israélienne.? Un effort particulièrement fourbe à la lumière du traitement réservé aux réfugiés africains cherchant asile en Israël où ils sont communément désignés comme des ?infiltrés?. B. Netanyaou a qualifié les demandeurs d'asile africains de ?menace pour le tissu social de la société, notre sécurité nationale, notre identité nationale? et notre existence en tant qu'État juif et démocratique.?

La tournée africaine de Raichel avec des artistes africains comme Vieux Farka Touré, est une diversion calculée des politiques israéliennes et des comportements de ses dirigeants. »

Raichel répertorié en Israël parmi les artistes qui assument d'être les ambassadeurs de la propagande nationale (hasbara) à l'étranger.

Il revendique ce rôle d'ambassadeur sur son blog « Je crois que notre devoir d'artistes est de nous enrôler dans la hasbara (propagande) israélienne. C'est une guerre pour sauver notre foyer, notre nation. En temps de guerre nous devons tous nous enrôler. Point. Je serre les mains de nos soldats, oui ceux si moraux, et encourage l'armée de défense d'Israël comme une armée morale comme vous n'en trouverez nulle part au monde. »

Il a affirmé en soutien à l'organisation de droite américaine « Thank Israeli Soldier » que « soutenir les soldats israéliens est l'accomplissement de l'idéal juif. »

Il a aussi donné des représentations pour l'armée avant pendant et après l'attaque de Gaza de l'été 2014 qui a fait plus de 2200 morts, dont 500 enfants, 11000 blessés, des milliers de sans-abris.

Raichel ? Touré C'est ce soir au New Morning? et c'est complet? grâce à TSF Jazz.

par Michèle Sibony

http://www.ujfp.org/spip.php?article3655

Tue Nov 25, 2014 17:41 (fr)
C'est un film en devenir, signé Marcel Ophuls et Eyal Sivan. Un film décidé dans l'urgence cet été, lors de l'attaque israélienne sur Gaza, déjà en partie tourné, mais qui a besoin de soutien pour être achevé et, espèrent les réalisateurs, être fin « prêt pour le Festival de Cannes 2015 ». 50 000 euros sont nécessaires. Suivant le principe du financement participatif, l'équipe du film a donc lancé une campagne de dons sur KissKissBankBank avec le soutien de Mediapart. Tous les renseignements (l'intention du film, (...) - non locales / antifascisme, crimes de guerre

C'est un film en devenir, signé Marcel Ophuls et Eyal Sivan. Un film décidé dans l'urgence cet été, lors de l'attaque israélienne sur Gaza, déjà en partie tourné, mais qui a besoin de soutien pour être achevé et, espèrent les réalisateurs, être fin « prêt pour le Festival de Cannes 2015 ». 50 000 euros sont nécessaires. Suivant le principe du financement participatif, l'équipe du film a donc lancé une campagne de dons sur KissKissBankBank avec le soutien de Mediapart. Tous les renseignements (l'intention du film, sa génèse, la biographie des réalisateurs, à quoi servira la collecte, etc.) sont ici : http://www.kisskissbankbank.com/des-v?

Synopsis

En Israël, certains invoquent ?la préférence nationale?, d'autres, plus jeunes, choisissent de s'exiler? à Berlin. En France, le Front national défend ?les juifs? et certains intellectuels juifs se répandent en propos islamophobes. Le monde marche-t-il sur la tête ?

Interviews chocs, rencontres, confrontations, de Tel-Aviv à paris en passant par la Cisjordanie, ce film-parcours dresse par touches imparables un état des lieux idéologiques. L'occasion de découvrir sur l'antisémitisme, sur l'islamophobie et sur l'importation, réelle ou supposée, du conflit, quelques vérités désagréables?

C'est aussi un documentaire sur ce que c'est de faire un documentaire. Un passage de témoin entre un cinéaste cosmopolite rebelle, né dans le crépuscule de la vieille Europe, et un cinéaste cosmopolite rebelle né dans l'Israël de la fin des années 1960. Entre ces deux personnalités explosives, il pourrait bien y avoir ? et c'est tant mieux ? quelques étincelles? Car est-ce un témoin qu'on se passe ou un bâton de dynamite ?

http://www.zeugmafilms.fr/crbst_110.html

http://la-feuille-de-chou.fr/archiv?

Tue Nov 25, 2014 17:13 (fr)
En direct et en archives sur www.campuslille.com Eh oui, pendant qu'on amuse la foule avec des billevesées, telles que : la victoire des Suisses contre d'autres résidents suisses dans le Grand Stade du Divertissement, le djihad dans sa version portugaise, le divorce de David Guetta, le PSG, Koh Lanta, Zemmour au Pays des Soviets, Zemmour chez les Picaros, Zemmour dans la Télé, l'annonce du retour de Sarkozy, les sondages sur le retour de Sarkozy, l'échec du retour de Sarkozy, les photos de Julie, (...) - locales / sans frontières, critiques des médias

En direct et en archives sur www.campuslille.com

Eh oui, pendant qu'on amuse la foule avec des billevesées, telles que : la victoire des Suisses contre d'autres résidents suisses dans le Grand Stade du Divertissement, le djihad dans sa version portugaise, le divorce de David Guetta, le PSG, Koh Lanta, Zemmour au Pays des Soviets, Zemmour chez les Picaros, Zemmour dans la Télé, l'annonce du retour de Sarkozy, les sondages sur le retour de Sarkozy, l'échec du retour de Sarkozy, les photos de Julie, les souvenirs de Valérie, les sondages de François, ce que Jacques a dit, et ce que Marine engrange, pendant qu'on amuse donc, le bon public, avec des fariboles, l'essentiel est tu.

La vraie question, la préoccupation première du peuple, son inquiétude profonde, son angoisse sourde, sont passées sous silence. Rien n'est dit sur la tragédie du moment, ce drame sans nom, cette criante injustice pourtant étouffée, ce caillou dans le pied de la démocratie : Nabilla est en prison.

Comment vit-elle ? Dort-elle la nuit ? A-t-elle des idées noires ? Peut-elle envoyer des SMS ? Son compte Facebook est-il mis à jour ? Quelle est la marque de son shampoing ? Toutes ces questions nous étreignent et, force est de constater qu'une fois de plus, les medias sont aux abonnés absents. S'agirait-il de détourner notre attention des vraies questions ? Manifestement, pour le système médiatique, là-bas est ailleurs?

Heureusement, pour pallier ces silences, il existe des medias alternatifs, et d'excellentes émissions sur des radios libres émettant sur le 106,6. Par exemple. Et ce mercredi, en dépit des risques encourus et de l'indifférence du grand public, nous dirons tout sur le drame vécu par Nabilla. Et rien ni personne ne nous fera taire !

Parmi les quelques autres medias qui ne se couchent pas et disent le réel, il y avait l'émission de Mermet sur France Inter, qui a été déprogrammée? Bon, faut dire qu'il faisait tâche? Un peu comme si Calvi faisait une émission sur Campus. Ce que notre radio lui a, à juste titre, toujours refusé.

Et finalement, l'éviction de Mermet remet les choses à leur place : c'est désormais sur internet que son émission va se développer. Il est venu lui-même s'en expliquer à Lille lundi dernier. Et nos micros étaient là. Mermet sera donc sur campus mercredi? Et c'est là qu'il est maintenant : http://www.la-bas.org/

Auparavant, nous vous proposerons notre « ¼ d'heure en Palestine » et la Semaine à Cuba.

Car, comme le crie Nabilla du fond de son cachot : c'est l'heure de l'mettre !

Tue Nov 25, 2014 08:09 (fr)
Le débat sur la reproduction artificielle de l'humain devant avoir lieu dans le cadre du salon des éditions libertaires de Lyon le 22 novembre 2014 a été bloqué, d'une façon suffisamment violente pour que de nombreuses personnes soient choquées. Cette action fait suite à une série d'"événements" ayant eu lieu dans le milieu libertaire lyonnais ; ce texte est une réflexion personnelle sur ces faits. Ambiance dans un salon du livre libertaire : des bouquins, des idées, des documentaires, des débats? Des (...) - analyses / médias libres

Le débat sur la reproduction artificielle de l'humain devant avoir lieu dans le cadre du salon des éditions libertaires de Lyon le 22 novembre 2014 a été bloqué, d'une façon suffisamment violente pour que de nombreuses personnes soient choquées. Cette action fait suite à une série d'"événements" ayant eu lieu dans le milieu libertaire lyonnais ; ce texte est une réflexion personnelle sur ces faits.

Ambiance dans un salon du livre libertaire : des bouquins, des idées, des documentaires, des débats? Des débats ? Oui, chose de plus en plus rare dans le(s) milieu(x) libertaires, on pouvait bel et bien repérer dans le programme quelques débats potentiellement contradictoires. Un débat se doit d'être un minimum contradictoire, sinon en est-ce un ?

Beaucoup attendaient avec impatience celui autour du livre d'Alexis Escudero, pour une raison simple : cela fait plus d'un an qu'on entend parler de PMA et de GPA, mais peu savent réellement de quoi il en retourne. J'ai fait un test : j'ai essayé de discuter de ce sujet avec quelques connaissances présentes au salon, et la plupart on vite laissé paraître une ignorance de la différence entre PMA et insémination artificielle. Un « détail » majeur, une différence dont l'ignorance empêche la compréhension de tout le problème que pose la PMA pour une
partie du milieu libertaire (je dis bien « libertaire », pas « manif' pour tous »). Et ce n'est qu'un exemple : quid des raisons pour lesquelles de plus en plus de couples doivent recourir à PMA, des conséquences d'une société ou la reproduction serait appropriée par des labos ? Science fiction ou pas, on peut au moins se poser des questions là dessus !

Mais, si peu d'entre-nous avaient ou bien lu le livre, ou bien un minimum de connaissances sur le sujet, tout le monde était au courant de la polémique autour d'Escudero et, chose frappante, la grande majorité avait un avis tranché sur la question à la mode, « Pour ou contre Escudero ? ». Selon certain-es, la quatrième de couverture était « agressive et craignos ». Pour d'autres, le ton (rien d'autre que le ton) rappelait celui utilisé par certaines fameuses plumes d'extrême droite. Il semblerait aussi que le fameux bouquin ait été récupéré par la manif' pour tous. Que l'auteur se soit justement positionné en co-signant un texte contre la manif' pour tous ? « Ah ? Ouais mais bon, si les féministes sont contre lui, c'est sûrement pas pour rien ! ». Puis apparemment, Escudero ne parle pas des souffrances et de l'exclusion dont sont victimes les lesbiennes et trans. Personnellement, ce n'est pas pour m'informer sur cette question que j'ai lu le livre, vu que ce n'est pas son sujet. Je sais que d'autres bouquins en parlent, comme le dernier livre de Tahin Party. Si j'ai lu Escudero, c'est pour être exposé à un avis critique sur la PMA et la GPA, sur les implications de ces pratiques dans notre société.

En bref, il semblerait que ce livre « pue », sans que personne n'ait vraiment réussit à trouver l'origine de l'odeur nauséabonde en question. Mais en le lisant, on repère vite ce qui lui est reproché, surtout si on met ce texte en rapport avec l'actualité de ces dernières années. Voyons donc : Alexis Escudero a une réflexion critique sur la société industrielle et la technologie, réflexion qui avant lui a été « popularisée » par d'autres personnes ou collectifs comme, pour citer le plus connu, Pièce et Main d'Oeuvre. Au sein de cette « famille » que l'on nomme parfois « anti-industrielle », la critique de la reproduction artificielle (ex : la fécondation in-vitro) existe depuis un certain temps. Or, l'extension de la PMA aux couples homosexuels est une revendication d'une majeure partie des milieux LGBT depuis longtemps. La critique du trans-humanisme et de la transformation artificielle du vivant pousse également les milieux anti-industriel à critiquer certaines théories issues des milieux LGBT. On se retrouve donc avec deux composantes du milieu libertaire qui ne sont pas d'accord sur un sujet. On en discute ?

Eh ben non : au détour d'un sentier se pointe le débat sur le mariage pour tous. La PMA et la GPA sont en passe d'être étendus aux couples homosexuels, mais l'opposition homophobe est grande. La manif' pour tous passe sous nos fenêtres et l'extrême droite se positionne en fer de lance de la critique contre la PMA, elle-même érigée en symbole de l'égalité entre les couples homos et hétéros, et à juste titre : qu'elle soit autorisée aux couples hétéro et refusée aux homosexuels est bel et bien une inégalité. On se radicalise de chaque côté, la rhétorique devient guerrière : si t'es pas pour/contre la PMA et la GPA étendue aux couples LGBT, t'es contre nous !

Pendant ce temps, l'extrême droite découvre qu'un milieu a déjà une critique construite contre ces pratiques. Qu'il soit de gauche voir même de tendance anarchiste ne gêne pas nos chers théoriciens de l'homophobie déguisée : on récupère ! De l'autre côté, c'est manichéen : Zemmour, Soral et compagnie sont contre la PMA et la GPA tout court ; tu te poses des questions sur ces sujets ? Dis donc, tu ne serais pas un peu soralien sur les bords ? En tout cas, tu fais le jeu de l'extrême droite ! Simplifions nos slogans : si t'es pas pour/contre la PMA et la GPA, t'es contre nous !

Pour précision, il est compréhensible d'être pour la PMA étendue aux couples LGBT. Vouloir un enfant et se retrouver face à un mur administratif, être rabaissé-es à cause de son orientation sexuelle, être discriminé-e par rapport aux couples hétérosexuels est effectivement révoltant. Et en effet, Alexis Escudero n'aura peut-être jamais à faire face à cet état de fait (enfin? qui sait ?). Mais chacun-e a le droit de donner son avis critique et construit sur une question de sociét-é, sur des pratiques dont les conséquences nous concernent tous et toutes. Et à partir de là, le débat est nécessaire.


De la nécessité de ranger ton casque, ta barre de fer et tes gants en cuir

On aurait pu naïvement espérer que le milieu libertaire lyonnais soit capable d'avoir une réflexion sur un sujet de société aussi important que la reproduction artificielle sans qu'elle soit basée sur une réaction épidermique à l'extrême droite. Si Zemmour dit « non », allons-nous crier « OUI ! » en une fraction de seconde sans même avoir réfléchi à son propos ? On aurait pu espérer qu'un milieu censé mettre en avant la réflexion soit capable de débattre d'un fait de société majeur.

Mais, comme tout le monde le sait, le débat sur la reproduction artificielle de l'humain a été bloqué, de façon assez violente, même : on a vu des potes se prendre des coups pour s'être interposé pacifiquement, juste pour éviter que les choses dégénèrent. J'ai entendu des trucs comme « T'as lu le livre et t'es pas d'accord avec nous ? Donc t'es pire que lui ! ». Et quand le groupe à la base de l'action s'est dirigé vers la sortie, on a pu entendre (accrochez vous) : « Ça serait quand même bien de pouvoir lui répondre sur le fond ». Ah, oui, le fond ! On l'oublie un peu, celui-là. Ce qui pue, au final, c'est l'incapacité du milieu libertaire à avoir un débat de fond sur de sujets polémiques. On n'ose plus avouer nos doutes, on se sent coupable de se poser certaines questions. Certaines pratiques, certaines idées ne peuvent surtout pas être interrogées.

L'action qui a été menée m'a semblé particulièrement violente car je connais au moins de vue certaines des personnes qui étaient d'un côté comme de l'autre de la table. Ces personnes, on les croise lors des manifs', dans des soirées, dans des réus ou des débats. On se côtoie dans un milieu libertaire qui, au final, reste un microcosme. Si je veux parler à une de ces personnes, je sais comment la trouver, à qui demander un numéro. Si je trouve qu'une de ces personne à tort dans ses écrits ou paroles, ou si je pense qu'elle a carrément merdé, je peux aller en parler avec elle.

C'est ce qui s'est passé à Grenoble, semble t-il : le livre d'Escudero faisant polémique entre différentes franges du milieu libertaire, des personnes d'avis contradictoires en on discuté, on échangé leurs avis. Au final, il reste des divergences d'opinion, et encore heureux ! Qui veut d'un milieu ou tout le monde pense la même chose ? Il y a des partis politiques pour ça. Mais la discussion a eu lieu, chacun-e a pu entendre les arguments de l'autre et y réfléchir, pourquoi pas infléchir légèrement son opinion dans un sens comme de l'autre après avoir entendu des choses dont il ou elle n'avait pas pensé auparavant. Grenoble a l'avantage d'être une ville plus petite que Lyon, ou les militant-es se croisent et s'entrecroisent peut-être plus, et ou les liens entre les différentes nuances du milieu libertaire sont un peu plus forts. Peut-être que cet environnement facilite la discussion. Est-ce impossible à Lyon ?

Peut-être qu'avant que ce soit possible dans notre ville, il faut que certains groupes militants revoient leurs pratiques. Il semblerait que ces derniers temps, l'autoritaire soit à la mode chez certain-es libertaires. Précisons que l'affaire Escudero ne se limite pas au blocage du débat lors du salon du livre libertaire : quelques temps avant ça, un article du même Escudero est proposé sur le site Rebellyon.

L'article est publié, ce qui implique qu'il a été modéré puis accepté par l'équipe du site. Suite à cette publication, le bruit cours qu'il y a des pressions assez explicites : « si vous enlevez pas cet article, on se pointe à vos réunions ». Quelles ont été les conséquences au sein du collectif gérant le site ? Aucune idée, mais l'article fut retiré, purement et simplement. J'ai vérifié dans le dico, on appelle ça de la censure.

Une personne dérangée par cette censure (modération) propose un article pour exprimer son avis et souligner la nécessité du débat dans le milieu libertaire (http://grenoble.indymedia.org/2014-?) ? Refusé ! Autoritaires, nous ? Bah non, banane, on est libertaires !

Posons nous des questions sur nos pratiques : si un groupe soit disant anarchiste refuse un débat interne au milieu libertaire et cherche à imposer son point de vue à coup de casque et de « ta gueule », nommons le pour ce qu'il est : un parti politique autoritaire. Si un groupe se croit légitime de définir lui-même, sans discussion, qui est anarchiste et qui ne l'est pas, c'est un groupe autoritaire. Si un groupe à l'audace d'instrumentaliser le suicide d'un camarade pour en faire de la propagande politique, comme ça s'est vu il n'y a pas si longtemps, idem.

Et ce n'est qu'un petit extrait de ce qu'il a pu se passer dans le milieu libertaire lyonnais ces dernières années.

En un mot : débattons.

Sun Nov 23, 2014 01:38 (fr)
Ebola n'est pas seulement un problème médical, c'est avant tout une question sociale, le produit d'un système doté de la technologie et du savoir-faire scientifique nécessaire pour considérablement réduire les souffrances causées par les épidémies, mais incapable d'atteindre cet objectif. L'humanité est capable de surmonter les flambées explosives des épidémies les plus contagieuses Au cours de l'histoire, l'humanité a régulièrement été confrontée à l'apparition de maladies contagieuses décimant la (...) - analyses / afrique

Ebola n'est pas seulement un problème médical, c'est avant tout une question sociale, le produit d'un système doté de la technologie et du savoir-faire scientifique nécessaire pour considérablement réduire les souffrances causées par les épidémies, mais incapable d'atteindre cet objectif.

L'humanité est capable de surmonter les flambées explosives des épidémies les plus contagieuses

Au cours de l'histoire, l'humanité a régulièrement été confrontée à l'apparition de maladies contagieuses décimant la population mondiale. Mais l'évolution du savoir a rendu progressivement l'humanité plus apte à diminuer leurs effets dévastateurs et le nombre de victimes.

La première pandémie massive et de dimension planétaire connue est ?la Peste Noire?, qui toucha l'Europe principalement entre les années 1346 et 1353. Elle fut une des épidémies les plus dévastatrices, causant la mort d'environ 30 à 60?% de la population européenne, soit environ 25 millions de victimes (et probablement autant en Asie). L'humanité fit reculer l'épidémie grâce aux mesures de quarantaine. Au xixe siècle, en 1826, éclatait une épidémie de choléra en Europe qui infecta des dizaines de milliers de personnes en Grande-Bretagne. Au début, on pensait qu'elle était causée par l'exposition aux déchets en décomposition. Mais, en utilisant des méthodes de recherche simples, un groupe de médecins montra que c'était l'eau souillée qui permettait à la maladie de se propager. A Hambourg, ville connaissant alors une forte croissance démographique, le choléra frappa de nouveau pendant dix semaines, paralysant complètement le commerce et les échanges? ; 8600 personnes moururent.

En 1892, Engels estimait que ?les attaques répétées du choléra (?) et autres épidémies [avaient] convaincu la bourgeoisie anglaise de la nécessité urgente de procéder à l'assainissement des villes et des cités???(). Finalement, la science finit par découvrir que le choléra était transmis par l'eau polluée et par l'exposition aux matières fécales d'une personne infectée.

Au cours du xix siècle, la médecine accomplit d'énormes progrès. Le développement des vaccins et, plus important encore, la mise en place de mesures sanitaires environnementales, associés à une meilleure compréhension des maladies infectieuses (épidémiologie), ont constitué des armes irremplaçables dans le combat pour la santé humaine? : ?Les abus les plus criants décrits dans ce livre ont, soit disparu, soit sont devenus moins visibles??().

Dans la première moitié du xx siècle, le développement de la science continua, entraînant des progrès considérables. La découverte des antibiotiques, l'introduction d'une vaccination efficace contre un nombre croissant de maladies ont entraîné une diminution spectaculaire du nombre de victimes. Ainsi, il y a soixante ans, la bourgeoisie était convaincue que la lutte à l'échelle mondiale contre les maladies infectieuses était sur le point de triompher.

Un nouveau foyer de pandémies dans la décadence du capitalisme

Cependant, avec l'aggravation des contradictions du système capitaliste débutait sa période de décadence, la crise historique du système bourgeois. Les conditions étaient mûres pour l'éclatement de deux guerres mondiales et un nombre conséquent de guerres locales. Cela a eu un impact dramatique sur la santé publique. La Première Guerre mondiale en particulier provoqua une grave pandémie.

La guerre avait conduit à la complète dévastation de régions entières en Europe, au déplacement de millions de gens, au transport massif de troupes de soldats à travers toutes les régions du monde? En d'autres termes? : la création d'un énorme chaos et une régression majeure des conditions sanitaires et d'hygiène.

Une nouvelle souche du virus de la grippe ? surnommée Grippe espagnole en raison des règles de censure en temps de guerre ? est devenue très contagieuse à l'automne 1918 en France. Des paysans chinois, envoyés par bateau du nord de la Chine vers la France, travaillant juste derrière le front dans des conditions déplorables, à la limite de la famine, infectèrent les soldats des tranchées. La grippe se répandit rapidement vers les Etats-Unis et dans certaines parties de l'Asie. La grippe tua environ 50 millions de personnes à travers le monde, se classant comme l'une des épidémies les plus meurtrières de l'Histoire. La bourgeoisie a toujours nié ou minimisé les liens entre les conditions créées par la guerre et le nombre phénoménal de morts dus à la grippe.

L'aggravation des conditions de vie au cours de la décomposition

Les progrès de la science médicale et des systèmes de santé réalisés depuis le milieu du xixee siècle n'ont jamais été étendus et mis en pratique dans tous les pays du monde. Dans les pays dits ?en voie de développement?, l'accès à ces améliorations est impossible pour la grande majorité des ouvriers et paysans. Et cela n'a jamais changé depuis. Les signaux d'alarme insistants au sujet des maladies contagieuses dans ces régions du monde ont jeté une ombre de doute sur la propagande au sujet du ?futur radieux? et la ?bonne santé? du système actuel.

Pour le marxisme, cela n'a rien d'étonnant. Ces maladies sont l'expression du fait que le système capitaliste est en train de pourrir sur pied, à cause de l'impasse dans laquelle se trouvent les deux principales classes de la société? : la bourgeoisie et le prolétariat. Comme le prolétariat n'est pas encore capable d'affirmer sa perspective révolutionnaire, les contradictions du capitalisme en décomposition ne peuvent que s'aggraver toujours plus.

La phase de décomposition, qui a commencé à la fin des années 1980, favorise le développement du ?chacun pour soi?, détruit la cohésion sociale et amène à un délitement moral toujours croissant. La décomposition est marquée par la tendance au chaos complet dans tous les coins du monde. Non seulement le capitalisme en décomposition ne parvient pas à enrayer les maladies, mais, de plus, il tend à les aggraver et même à les provoquer? :

? environ 3,3 milliards de personnes dans les pays ?en voie de développement? n'ont pas accès à l'eau potable.

? près de 2,5 milliards de personnes (plus du tiers de la population mondiale) n'ont pas accès à un équipement sanitaire de base.

? chaque année, 250 millions de personnes s'empoisonnent avec de l'eau contaminée, ce qui entraîne un décès dans plus de trois millions de cas??().

L'apparition de nouvelles maladies infectieuses et la résurgence d'anciennes maladies dans différentes régions du monde, jusque-là épargnées, ont précipité une nouvelle crise sanitaire, qui menace de réduire à néant tous les progrès accomplis auparavant, comme le reconnaît la bourgeoisie. Les maladies comme le choléra, qui étaient jusque-là cantonnées dans des zones limitées, se répandent maintenant dans des régions que l'on croyait à l'abri. Alors que quelques maladies sont complètement éradiquées, d'autres, telles que la malaria et la tuberculose, qui ont toujours fait partie des plus grands ennemis ?naturels? de l'humanité, sont de retour avec une férocité accrue, causant des millions de morts chaque année.

C'est la décomposition de la société qui est clairement responsable de la débandade des services médicaux. Le SRAS, par exemple, était l'une des pandémies les plus dangereuses avant l'éruption d'Ebola. On pense que le SRAS est passé d'une espèce biologique à l'autre dans une région démunie de la Chine du Sud où les gens vivent entassés avec leurs animaux dans des conditions qui rappellent le Moyen-Age. Ces conditions de vie sont à l'origine de beaucoup des plus sérieuses épidémies de grippe dans le monde. ?Le ?succès? du marché mondial dans la décadence ne réside pas dans la prévention de l'apparition de la maladie mais dans le fait d'avoir favorisé son extension mondiale???().

Les conditions de la décomposition en Afrique

C'est en Afrique que la descente dans la barbarie militariste est le plus clairement prononcée. Au travers des conflits continuels, de la fragmentation des Etats capitalistes, de l'instabilité des frontières, du rôle des clans et des seigneurs de guerre, il est possible de voir les conflits meurtriers et le chaos se répandre sur le continent et cela nous donne une idée de ce que le capitalisme en décomposition réserve dans l'avenir à l'humanité??().

Ces dernières années, sur les trois pays les plus touchés par Ebola (Liberia, Sierra Leone, Guinée), deux ont été ravagés par la guerre civile et des massacres ethniques. Entre 1989 et 2003, les infrastructures du Liberia ont été dévastées par deux guerres civiles. Le Sierra Leone a été la proie d'une guerre civile de onze ans.

De plus, les programmes d'exploitation, par des entreprises étrangères qui extraient le pétrole, le gaz ou du minerai sans la moindre précaution pour trouver de nouvelles ressources économiques, ont conduit à une déforestation massive et à la destruction de l'habitat local et des infrastructures naturelles. La rupture de la cohésion sociale a gravement touché les moyens de subsistance de la population rurale. Les peuples autochtones ont été obligés de quitter leur terre pour aller s'agglutiner dans des bidonvilles urbains.

Parmi ces trois pays, le Liberia est le moins développé économiquement et l'un des plus pauvres du monde. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), 1,3 million de personnes au Liberia vivent dans une extrême pauvreté. Au Sierra Leone, 70??% de la population vivent dans le dénuement. La moitié de la population des trois pays subit une misère extrême, manquant de l'hygiène la plus élémentaire telle que l'accès à l'eau potable.

La déforestation inexorable a également conduit à un changement radical dans les conditions climatiques des pays de l'Afrique de l'Ouest et centrale. L'augmentation des précipitations exceptionnelles est à craindre dans l'avenir. Des changements soudains avec le passage d'une atmosphère sèche à une atmosphère humide favorisent l'éclosion du virus Ebola. L'effet combiné de l'exploitation par des compagnies étrangères, le changement radical des phénomènes climatiques et la crise économique mondiale ont créé les conditions pour la présente catastrophe sanitaire.

L'impact dévastateur d'Ebola

Le déclenchement de la fièvre Ebola au cours de cette année n'était pas le premier. Il y a eu des épidémies répétées à peu près tous les ans depuis sa découverte en 1976 au centre de l'Afrique. Ebola est principalement une maladie rurale, où la nourriture issue de la chasse collective est consommée en commun? ; les gens sont exposés à des animaux infectés et le manque d'eau potable favorise la propagation de l'infection. Les conditions d'isolement qui existent dans les zones rurales limitent le nombre de personnes infectées, tuant quelques centaines de personnes.

Cette année, le virus Ebola se propage pour la première fois vers des zones fortement peuplées de la côte ouest-africaine. Dans ces régions, non seulement les conditions sanitaires, mais aussi la situation des soins de santé sont désastreux, ce qui entraîne une augmentation de la vulnérabilité des communautés alentour au virus.

Le virus a complètement débordé les capacités des systèmes locaux de santé, qui passent leur temps à courir après lui pour le contrôler. Après la mort de 60 travailleurs de la santé par l'épidémie d'Ebola, un certain vent de panique a soufflé. Comme le dit Joseph Fair??()? : ?beaucoup ont abandonné le navire?. Après que la maladie eut tué près de mille personnes et en ait infecté près de deux mille, l'OMS a déclaré, le 8 août 2014? : ?l'épidémie d'Ebola est une urgence de santé publique internationale.? Le système de santé publique à Monrovia est en voie d'effondrement total. Les unités de soins les plus élémentaires, incluant les médicaments contre la malaria pour les enfants et les soins aux femmes enceintes, ont été fermées. Le 19 août, le quartier de West Point a été mis en quarantaine, piégeant environ 75?000 personnes, transformant le quartier en un immense cimetière. Ils peuvent mourir, du moment qu'ils meurent entre eux? ! La quarantaine, qui a causé la mort de centaines de personnes, pas seulement à cause d'Ebola, mais aussi par la malaria (qui touche les enfants) et à cause du manque de nourriture et d'eau potable, a été levée après dix jours. Les gens sont partis en masse, sans demander leur reste.

Le cynisme de la bourgeoisie mondiale

Jusqu'à présent, il n'y a eu que peu d'aide de la part des pays développés. Outre la mobilisation de quelques centaines de médecins et d'infirmières bénévoles dévouées, la plus grande partie de l'aide a consisté en dons de matériel, d'équipements pour le personnel de santé. La contribution des Etats-Unis, pour les neuf derniers mois, se chiffre par exemple à peine à 100 millions. Cela contraste terriblement avec les milliards mis à disposition par les puissances impérialistes et leurs alliés parmi les monarchies du Golfe, pour la nouvelle guerre en Syrie et en Irak, sans parler des centaines de milliards gaspillés dans les guerres en Libye, en Irak et en Afghanistan. Malgré tout, Obama a décrété que l'épidémie d'Ebola constituait ?une priorité pour la sécurité nationale?, car elle pourrait déclencher la déstabilisation de l'Afrique de l'Ouest, ce qui entraînerait ?de graves conséquences sur l'économie, la politique et la sécurité.? Et avec cela, il s'est contenté d'envoyer? trois mille soldats? !

L'IRC (International Rescue Committee), constate que, sur les 1500 nouveaux médicaments mis à disposition entre 1974 et 2004, seulement dix concernent les maladies tropicales. Pour ce qui concerne le virus Ebola, pratiquement aucune recherche n'a été effectuée depuis 1976. Les maladies tropicales vont donc continuer à affecter plus d'un milliard de personnes dans le monde et à tuer jusqu'à 500?000 personnes par an. John Ashton, de la Faculté de Santé publique de Londres, a ainsi caractérisé la situation? : ?une banqueroute morale du capitalisme agissant en l'absence d'un cadre éthique et social.? Le journal New Yorker a déclaré sans ambages? : ?les maladies qui touchent principalement les populations pauvres des pays pauvres ne sont pas une priorité pour la recherche, car ces marchés ne sont pas solvables.?

Par contre, comme toujours, les Etats les plus ?anti-racistes? sont tout-à-fait prêts à utiliser la peur des voyageurs africains, à attiser les sentiments xénophobes parmi la population européenne. Les fractions dominantes de la classe dirigeante utilisent à leur profit le climat de peur et de panique? :

? pour inciter les gens à oublier les plus grandes menaces auxquelles nous faisons face aujourd'hui, telles que la guerre ou les catastrophes nucléaires ;

? pour encourager la population des pays centraux à rechercher la protection de l'Etat bourgeois ;

? pour bloquer par tous les moyens possibles l'arrivée de gens venant d'Afrique à la recherche d'un refuge dans les pays centraux.

L'épidémie d'Ebola est le produit d'une aggravation des contradictions du capitalisme qui, depuis un siècle, ?a apporté seulement plus de misère et de destruction sous toutes leurs formes. Face à la décomposition avancée de son système, la classe dominante n'a rien d'autre à offrir que des mensonges idéologiques et la répression???().

Courant Communiste International -,http://fr.internationalism.org

()?Préface de La situation de la classe laborieuse en Angleterre.

()?Idem.

()?Selon les données officielles disponibles sur la Toile.

()??SRAS? : le symptôme de la décomposition de la société?, World Revolution, mai 2003.

()??La propagation de la guerre montre l'impasse où se trouve le capitalisme?, World Revolution, mai 2013.

()?Virologiste américain, travaillant avec l'Institut Mérieux, attaché au ministère de la Santé du Sierra Leone depuis 10 ans

() ??SRAS? : c'est le capitalisme qui est responsable de l'épidémie?, World Revolution, mai 2003.

Sat Nov 22, 2014 08:31 (fr)
Hier à 21h (le 21 novembre), la police expulse un lieu occupé et arrête une vingtaine de personnes. Des gens viennent voir l'hallucinant, mais de plus en plus banal, déploiement de keufs. IlLEs ont à peine le temps de s'approcher qu'ilLEs se font gazer, poursuivre, matraquer et embarquer pour certainEs d'entre eux. S'ensuit un quadrillage policier de tout wazemmes pendant quelques heures. Les personnes interpellées sont toujours en garde à vue. Nique la police, tout (...) - locales / squatts, violence policière

Hier à 21h (le 21 novembre), la police expulse un lieu occupé et arrête une vingtaine de personnes. Des gens viennent voir l'hallucinant, mais de plus en plus banal, déploiement de keufs. IlLEs ont à peine le temps de s'approcher qu'ilLEs se font gazer, poursuivre, matraquer et embarquer pour certainEs d'entre eux.
S'ensuit un quadrillage policier de tout wazemmes pendant quelques heures.
Les personnes interpellées sont toujours en garde à vue.

Nique la police, tout simplement.

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