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Sat Nov 22, 2014 08:31 (fr)
Hier à 21h (le 21 novembre), la police expulse un lieu occupé et arrête une vingtaine de personnes. Des gens viennent voir l'hallucinant, mais de plus en plus banal, déploiement de keufs. IlLEs ont à peine le temps de s'approcher qu'ilLEs se font gazer, poursuivre, matraquer et embarquer pour certainEs d'entre eux. S'ensuit un quadrillage policier de tout wazemmes pendant quelques heures. Les personnes interpellées sont toujours en garde à vue. Nique la police, tout (...) - locales / squatts, violence policière

Hier à 21h (le 21 novembre), la police expulse un lieu occupé et arrête une vingtaine de personnes. Des gens viennent voir l'hallucinant, mais de plus en plus banal, déploiement de keufs. IlLEs ont à peine le temps de s'approcher qu'ilLEs se font gazer, poursuivre, matraquer et embarquer pour certainEs d'entre eux.
S'ensuit un quadrillage policier de tout wazemmes pendant quelques heures.
Les personnes interpellées sont toujours en garde à vue.

Nique la police, tout simplement.

Fri Nov 21, 2014 12:00 (fr)
Face à la casse des universités, face aux violences policières, face aux grands projets inutiles et à leur monde, nous affirmons notre volonté déterminée de construire un mouvement d'opposition. Après qu'un campement d'occupation se soit monté mercredi soir sur le campus, une assemblée générale s'est réunie le jeudi 20 Novembre à l'université du Mirail avec plus d'un millier d'étudiant-e-s et a voté majoritairement pour : Une occupation permanente de l'université Une prochaine journée de mobilisation le (...) - non locales / manifestations & occupations

Face à la casse des universités, face aux violences policières, face aux grands projets inutiles et à leur monde, nous affirmons notre volonté déterminée de construire un mouvement d'opposition.

Après qu'un campement d'occupation se soit monté mercredi soir sur le campus, une assemblée générale s'est réunie le jeudi 20 Novembre à l'université du Mirail avec plus d'un millier d'étudiant-e-s et a voté majoritairement pour :

- Une occupation permanente de l'université
- Une prochaine journée de mobilisation le mardi 25 Novembre avec blocage de l'université et assemblée générale à 12h30 amphi 8
- Une motion de solidarité avec les étudiant-e-s mexicain-e-s qui sont victimes d'une répression meurtrière
- Une coordination avec les lycéen-ne-s et les personnels mobilisé-e-s sur la fac
- Un appel à rejoindre les manifestations du 22 Novembre dans le cadre de la journée nationale et internationale contre les violences policières.

Suite à cette Assemblée Générale, une manifestation a réuni en centre ville 400 étudiant-e-s venant des université Capitole, IEP, Paul-Sabatier et Mirail ainsi que des personnes d'autres horizons.

L' Université du Mirail est mobilisée et occupée pour la réappropriation de nos facs, de nos vies et de nos territoires.

Nous appelons à amplifier le mouvement et à lui donner une dimension nationale !

Du fric pour les fac et les lycées, pas pour la police ni pour l'armée !

Thu Nov 20, 2014 06:26 (fr)
Il s'agit d'une table-ronde, concernant "L'économie Sociale et Solidaire (ESS) et le changement de société". L'ESS recouvre des préoccupations très diverses et larges, et ce dont il est question pour cette table-ronde touche aux points suivants : L'ESS, avec comme visée un au-delà du capitalisme et de la propriété étatique ; Les tensions qui traversent l'ESS ; ESS et social business Le fait qu'une égalité formelle entre les membres suffirait à provoquer un changement de système ; Inscrire l'ESS dans la (...) - agenda / alternatives, critique économique

Il s'agit d'une table-ronde, concernant "L'économie Sociale et Solidaire (ESS) et le changement de société".
L'ESS recouvre des préoccupations très diverses et larges, et ce dont il est question pour cette table-ronde touche aux points suivants :

  • L'ESS, avec comme visée un au-delà du capitalisme et de la propriété étatique ;
  • Les tensions qui traversent l'ESS ;
  • ESS et social business
  • Le fait qu'une égalité formelle entre les membres suffirait à provoquer un changement de système ;
  • Inscrire l'ESS dans la sortie du capitalisme ;
  • Les communs comme perspective politique au-delà de la propriété étatique comme publique ;
    ?..

Cette table ronde sera précédée du film « Ambiance Bois, le travail autrement? » en appui sur la pratique de la coopérative Ambiance bois, qui développe ses activités en Limousin depuis 1988.

Claire Lestravel, une des salarié-es de cette coopérative est partie prenante du débat, ainsi que Benoît Borrits, de l'association pour l'autogestion et membre du Réseau international WorkersControl.net

Cette initiative est organisée par la coopérative (SCIC) Cliss XXI, dans le cadre de ses 10 ans :

L'entrée à cette table ronde est libre. Nous prévoyons une petite restauration sur place.

Les infos pratiques :


Jeudi 27 novembre - 18h00 à 21h00
Espace Michel Bondeaux
rue de la Liberté à Liévin

Wed Nov 19, 2014 02:44 (fr)
Dans les sociétés de classe, l'éducation est un outil de domination. La société capitaliste n'échappe guère à cette logique et amplifie même le phénomène en le rationalisant. Le système scolaire a pour fonction de former de futurs travailleurs dociles et utiles aux intérêts de la bourgeoisie. Pour ce faire, les établissements scolaires cherchent à formater idéologiquement les esprits des jeunes écoliers mais aussi à dresser les jeunes corps pour qu'ils soient adaptés aux exigences du travail salarié. L'école (...) - analyses / éducation

Dans les sociétés de classe, l'éducation est un outil de domination. La société capitaliste n'échappe guère à cette logique et amplifie même le phénomène en le rationalisant. Le système scolaire a pour fonction de former de futurs travailleurs dociles et utiles aux intérêts de la bourgeoisie. Pour ce faire, les établissements scolaires cherchent à formater idéologiquement les esprits des jeunes écoliers mais aussi à dresser les jeunes corps pour qu'ils soient adaptés aux exigences du travail salarié. L'école est donc un établissement disciplinaire à tous points de vue. En aucun cas, elle ne permet l'épanouissement personnel et le développement de l'esprit critique.1 L'enseignement de l'histoire-géographie-éducation civique dans le cycle secondaire montre par exemple à quel point le système éducatif bourgeois fait partie intégrante de l'idéologie dominante. Les programmes d'histoire ont toujours été construits pour et par la propagande d'État.2 Leur structure vise à ancrer la "réalité" de l'ordre social bourgeois. De fait, l'enseignement de cette discipline participe à la falsification du véritable passé des sociétés humaines. Ainsi, les jeunes générations d'ouvriers sont maintenues dans un climat d'ignorance favorable à la perte de l'esprit critique. Il s'agit donc de dénoncer la propagande appliquée par l'État bourgeois dans la formation des futurs ouvriers.

A la recherche du communisme primitif

En tant que savoir académique, l'histoire débute avec l'apparition de l'écriture vers le milieu du IVe millénaire avant notre ère. En concordance avec cela, les savoirs sur les sociétés passées dans les programmes commencent approximativement à la même période puisque le premier chapitre d'histoire en classe de 6e porte sur les civilisations égyptienne et mésopotamienne. Ces sociétés ont déjà atteint un niveau de développement particulier :

- Elles sont inégalitaires et divisées en classes sociales.

- L'État a atteint un niveau de sophistication important.

- La prépondérance du roi et des prêtres en tant que symboles politiques et idéologiques est fortement ancrée.

Si l'on suit la logique des programmes, les sociétés humaines sont originellement organisées de cette façon. Sans raison apparente, ils offrent à penser à un jeune collégien que l'Égypte des pyramides ou les cités d'Ur ou de Babylone sont les premières traces de la vie des Hommes en société. Or, notre espèce est vieille de plusieurs centaines de millier d'années et le choix d'en rogner la quasi-totalité n'est en rien arbitraire. En prenant comme point de départ l'Égypte des pharaons et les cités de Mésopotamie, la bourgeoisie souhaite marteler le caractère déterministe des inégalités sociales. Il s'agit d'ancrer l'idée que les sociétés sont depuis "la nuit des temps" divisées entre dominants et dominés. Cette vision profondément conservatrice a pour fonction de légitimer l'ordre social capitaliste et de l'ancrer dans les esprits des jeunes collégiens. En simplifiant, voici le message que l'État demande au professeur de transmettre aux élèves : "les inégalités, la domination, l'État, les chefs ont toujours existé et il ne peut en être autrement dans le futur. Autrement dit, les hommes sont naturellement portés à se dominer les uns les autres."

Pourtant, les acquis de la science et du marxisme offrent une vision tout à fait différente des premiers temps de l'humanité. En effet, "durant la plus grande part de son histoire, pendant des centaines de milliers, peut-être des millions d'années, l'humanité a vécu dans une société sans classe, formée de communautés où l'essentiel des richesses était partagé, sans que n'interviennent ni échange, ni argent ; une société organisée non par les rois ou les prêtres, les nobles ou la machine étatique mais par l'assemblée tribale. C'est à un tel type de société que se réfèrent les marxistes, lorsqu'ils parlent de "communisme primitif."3 Cette vision est profondément déconcertante pour l'idéologie bourgeoise. Ainsi, à l'école comme ailleurs, le communisme primitif est nié ou minimisé dans le but d'affirmer que le communisme reste un idéal inatteignable dans la réalité. Sans les magnifier,4 ces sociétés nous donnent des indications inverses. A savoir que les hommes sont capables de mettre la solidarité, l'entraide et le partage au centre de l'organisation sociale.

Dans sa quête de vérité, le marxisme a permis de comprendre que l'émergence de l'exploitation est le résultat d'un processus historique. En niant le mouvement de l'histoire, la bourgeoisie falsifie l'évolution de l'humanité. Elle n'incite pas les jeunes générations à se questionner sur les origines de notre espèce. La classe dominante a bien conscience que sans comprendre notre passé il est très difficile d'entrevoir les possibilités d'une société future. Ainsi, elle fait tout pour brimer la curiosité et l'esprit critique des élèves sur ces questions.

La dissolution de la lutte des classes

Pour les marxistes, "l'histoire de toute société jusqu'à nos jours est l'histoire de la lutte des classes."5 En effet, depuis plusieurs millénaires, les antagonismes de classes forment le "moteur de l'histoire", sa dynamique, son mouvement. Opprimeurs et opprimés mènent "une lutte ininterrompue, qui finit toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société toute entière, soit par la ruine commune des classes en lutte."6 Bien évidemment, le système scolaire bourgeois rejette totalement ce point de vue. Pour preuve, la place faite aux révoltes ou aux mouvements de renversement de l'ordre social au cours du temps est quasiment inexistante dans les programmes et les manuels scolaires. Les révoltes d'esclaves dans la société antique, les mouvements hérétiques ou les révoltes paysannes au sein de la société féodale, les luttes du mouvement ouvrier depuis le XIXe siècle sont loin de former le c?ur des chapitres abordés au cours de l'année. Ou alors, ces événements sont traités par le biais d'une problématique qui en dévoie totalement la signification. Prenons l'exemple de la Commune de Paris de 1871. Cette question est abordée en classe de 4e dans le cadre du chapitre "L'évolution politique de la France (1815-1914)". L'objectif est de montrer la façon dont la République s'impose en France à partir de 1870. Premièrement, la place accordée à la Commune de Paris est infime. Deuxièmement, les causes de l'événement sont présentées comme une réaction à l'ordre ancien bonapartiste. Voici la façon dont un manuel (coll. Belin) présente les faits : "La République proclamée à Paris le 4 septembre 1870 apparaît bien incertaine car l'Assemblée nationale élue en 1871 est majoritairement royaliste. Le peuple de Paris, qui craint une restauration de la monarchie et veut continuer à se battre contre la Prusse, se révolte lors de la Commune de Paris : elle est réprimée dans le sang." Traduisez, les ouvriers parisiens se sont seulement révoltés contre la monarchie et l'envahisseur prussien (pour défendre la République et la Patrie) mais devant l'ampleur et les perspectives révolutionnaires qu'elle portait "elle est réprimée dans le sang". Si la bourgeoisie ne peut pas cacher cet épisode du mouvement révolutionnaire ainsi que sa terrible répression, elle peut en outre en détourner sa signification. Dans les programmes, la Commune est détachée du mouvement révolutionnaire international. Les documents mettent en avant les avancées sociales et démocratiques sécrétées par ce mouvement. Elle est présentée comme un laboratoire utile à la construction de la République. Mais la Commune de Paris ne se réduit ni à un mouvement patriotique, ni une lutte pour les libertés républicaines. C'est surtout la manifestation du rôle du prolétariat comme seule force capable de renverser le capitalisme.7 La bourgeoisie a bien conscience de cela et s'efforce de le cacher aux futurs ouvriers.

Même chose pour la vague révolutionnaire des années 1920 abordée en classe de 3ème. La révolution d'Octobre 1917 apparaît dans le programme et figure même dans la liste de repères historiques que le collégien doit retenir au cours de son cursus. Mais que retient-il en réalité ? Que cet événement est "un coup d'État organisé par Lénine, le chef du parti bolchévique"8 ou une "révolution bolchevik conduite par Lénine."9 Là encore, la bourgeoisie nie la force révolutionnaire des masses ouvrières et présente la révolution d'Octobre comme l'?uvre d'un Parti et d'un homme alors qu'elle fut la réalisation des masses ouvrières.

De plus, les programmes entretiennent le grand mensonge qui assimile le stalinisme au communisme. Jusqu'en 2013, cette falsification était clairement explicitée dans les directives officielles. L'URSS était présentée comme "un régime communiste, fondé par Lénine, qui veut créer une société sans classe et exporter la révolution (IIIe Internationale)." 10 Avec l'aménagement du programme de 3e à la rentrée 2013, cette directive n'est plus écrite "noir sur blanc" mais l'assimilation reste très présente en particulier dans les manuels scolaires : "Après la mort de Lénine en 1924, Joseph Staline se présente comme son unique héritier. Seul au pouvoir à partir de 1929, il décide d'accélérer la mise en ?uvre du communisme en URSS et la transformation de l'économie."11 Or, les caractéristiques de la société stalinienne n'ont rien à voir avec la perspective (encore à l'ordre du jour) énoncée par le Manifeste communiste en 1848. Le vrai visage de l'URSS fut le capitalisme d'État dans lequel une nouvelle bourgeoisie poursuivit l'exploitation du prolétariat russe. Les moyens de production ne furent en aucun cas mis en commun et l'État ne fut en rien abolit mais au contraire utilisé jusqu'à son summum.

Présenter le communisme comme une société déjà advenue au cours du XXe siècle en URSS, à Cuba ou en Chine est une mystification encore très efficace même si la bourgeoisie juge utile de ne pas en faire son cheval de bataille. Ce mensonge insupportable, provoquant une grande confusion au sein de la classe ouvrière, doit être condamné et dénoncé, au nom même du but ultime du prolétariat : la réunification de la société humaine.

Mais l'arme la plus efficace contre la lutte de classe reste la propagande démocratique et citoyenne. Les programmes d'éducation civique du collège et du lycée sont destinés à marteler les "vertus" de la démocratie : "l'égalité républicaine est déterminante pour compenser et corriger les inégalités. Les lois protègent les biens et les personnes et fixent les cadres de la vie en société."12 Ou encore la nécessité d'être un citoyen responsable respectant ses droits et ses devoirs pour assurer l'harmonie sociale. Le rôle de l'État est dévoyé puisque on le présente comme une entité qui "organise la protection contre les risques majeurs et assure la sécurité sur le territoire."13 Ce que l'on cache aux élèves, c'est que l'État est un outil de conservation sociale qui permet à la classe dominante d'assurer ses intérêts. En classe de 4e, un chapitre est consacré à "l'exercice des libertés en France". Là encore, la bourgeoisie montre tout son cynisme et son hypocrisie puisque le programme se focalise sur la liberté d'opinion et de conscience (religion, laïcité?) mais l'exploitation de la classe ouvrière et son aliénation sont évidemment passées sous silence. Autant de mystifications qui formatent les élèves et broient leur esprit critique. Pour Jules Ferry, l'enseignement de l'éducation civique se devait d'assurer l'encadrement idéologique des fils d'ouvriers : "Non, certes, l'État n'est point docteur en mathématiques, docteur en lettres ni en chimie. [?] S'il lui convient de rétribuer des professeurs, ce n'est pas pour créer ni répandre des vérités scientifiques ; ce n'est pas pour cela qu'il s'occupe de l'éducation : il s'en occupe pour y maintenir une certaine morale d'État, une certaine doctrine d'État, indispensable à sa conservation. [?] Alors ne craignez pas d'exercer cet apostolat de la science, de la droiture et de la vérité, qu'il faut opposer résolument, de toutes parts, à cet autre apostolat, à cette rhétorique violente et mensongère, [?] cette utopie criminelle et rétrograde qu'ils appellent la guerre de classe !" La bourgeoisie actuelle est beaucoup moins explicite lorsque qu'elle énonce officiellement ses projets en matière d'éducation. Pour autant, les mystifications démocratiques et citoyennes sont beaucoup plus complètes et beaucoup plus perfectionnées qu'au temps de Jules Ferry. Les programmes d'éducation civique sont élaborés afin que l'élève puisse ingurgiter tous les artifices qui masquent la lutte de classe. La complémentarité des programmes d'éducation civique et d'histoire vise à nier la nature de la bourgeoisie comme classe exploiteuse. Pour elle, le capitalisme s'est imposé et la démocratie représentative forme le plus parfait mode d'organisation sociale. En définitive, l'histoire est finie et c'est bien cela qu'il faut inculquer aux élèves. Pas besoin d'entrevoir d'autres perspectives, la société capitaliste et démocratique est la plus parfaite que l'homme soit capable de construire. Face à ces mensonges, l'expérience et les acquis théoriques du mouvement ouvrier permettent de dire la vérité. Non ! La société ne s'organise pas en une somme d'individus "libres et égaux" mais bien en classes antagonistes aux intérêts divergents. Partout dans le monde, y compris dans les pays démocratiques, les ouvriers sont exploités et brimés. Un profond sentiment de dégoût les assaille à la vue des passes droits et des malversations des patrons ou des hommes politiques. Et d'ailleurs, comme j'ai pu en faire l'expérience, les élèves ne sont pas dupes. Certains d'entre eux n'hésitent pas à dénoncer les corruptions et les inégalités quand on leur expose la société idéale dans laquelle nous sommes censés vivre. A croire que la réalité ne trompe pas ces jeunes esprits.

La propagande patriotique

Dès les premiers temps de l'école républicaine, le patriotisme et le "roman national" prirent une place centrale dans les programmes. La Commune de Paris avait ébranlé la bourgeoisie qui réagit en amplifiant la chape de plomb idéologique sur la classe ouvrière. Elle souhaite briser l'internationalisme que le prolétariat français avait déployé en 1871. Pour le ministre de l'instruction Jules Simon, une des leçons de l' "épreuve" que la France vient de subir est qu'il faut que "la France connaisse la France aussi bien que peuvent la connaître les étrangers."14 Peut-être plus que les autres disciplines, l'histoire et géographie possède un rôle idéologique essentiel dans le système scolaire. A l'aube du XXe siècle, l'enseignement de l'histoire est dispensé à tous les niveaux de scolarité. Le chauvinisme, le nationalisme et le militarisme empoisonnent les esprits des futurs ouvriers. Entre 1871 et 1914, l'enseignement de l'histoire est conditionné par un esprit revanchard envers la Prusse après la défaite de Sedan en septembre 1870. Sur les cartes de France affichées dans les classes, les territoires de l'Alsace et la Lorraine (perdus en 1870 au profit de la Prusse) sont délimités par des pointillés afin de les exclure mais coloriés en violet de telle sorte que l'on retrouve l'hexagone. Progressivement, la bourgeoisie utilise l'école pour embrigader la classe ouvrière dans un conflit mondial inévitable et la diviser sur le plan international. Elle imprègne donc les esprits d'un idéal national mélangeant l'ardeur guerrière et la religion comme le dénonce Emile Zola dans son roman Vérité en 1903 lorsqu'il met en scène un instituteur et sa classe : "Quatre tableaux, violemment enluminés, accrochés au mur, l'irritaient : sainte Geneviève délivrant Paris, Jeanne d'Arc écoutant ses voix, Saint Louis guérissant des malades, Napoléon passant à cheval sur un champ de bataille. Toujours le miracle et la force, toujours le mensonge religieux et la violence militaire donnés en exemple, jetés en semence dans le cerveau des enfants."

Pour les pays de l'Entente, la victoire de 1918 permettra de contenir l'élan révolutionnaire de leur classe ouvrière. Et pour cela, la bourgeoisie va déployer tout son cynisme pour "souder la nation" en mêlant la compassion envers les morts, la fierté d'avoir défendu la patrie et la promotion de la coexistence pacifique. Très tôt, l'État instaure la commémoration obligatoire des élèves aux monuments aux morts. Dans le manuel Lavisse de 1934, la guerre est présentée comme une fatalité qui s'est imposée à la bourgeoisie : "de 1914 à 1918, les Français ont encore été forcés de faire la guerre à l'Allemagne comme en 1870." Le patriotisme n'a pas disparu des programmes jusqu'à aujourd'hui mais il a pris une dimension plus insidieuse puisque le sentiment patriotique n'apparaît pas en tant que tel. Désormais, les programmes du collège et du lycée présentent l'histoire de France au XIXe et XXe siècle comme l'avènement et la consécration de la démocratie et des "libertés" depuis 1789. C'est omettre que dans la société capitaliste, la seule liberté de la classe ouvrière est de vendre sa force de travail. D'autre part, pour légitimer le "bienfait" des nouvelles institutions mondiales (Union Européenne, ONU), l'État a inventé la notion de citoyenneté européenne voire de citoyenneté mondiale. Là encore, il s'agit de dévoyer le véritable rôle de ses institutions qui n'existent que pour apporter un semblant d'ordre dans un chaos généralisé. Par exemple, les élèves sont censés adhérer à l'idée selon laquelle la "création de l'ONU répond à une aspiration au maintien de la paix."15 Si la bourgeoisie adapte son idéologie, il n'en demeure pas moins que le patriotisme reste un puissant vaccin face à la progression de l'internationalisme dans les rangs de la classe ouvrière.

Le développement de la conscience de classe pour répondre à l'idéologie de la bourgeoisie

La mise en place des programmes ouvre la porte à l'idéalisme et à la disparition de l'esprit critique. Leur architecture se caractérise par un empilement d'événements ou de périodes abordés de façon thématique sans en expliquer les relations de cause à effet. On raconte l'histoire mais on n'analyse jamais la signification des faits ce qui occasionne une perte d'esprit critique. Les programmes encouragent à faire le récit du passé et non pas à le comprendre et à en tirer les leçons. La bourgeoisie a perdu toute vision cohérente et objective de l'histoire et cela se traduit par l'idéalisme des enseignements. Par exemple, prenons la façon d'enseigner l'histoire des religions. Seules les trois grandes religions monothéistes sont étudiées en détails et les directives imposent de s'appuyer sur les "récits sacrés" détachés de tout contexte. Au nom de la laïcité, il est impossible d'expliquer dans un cadre matérialiste l'apparition et la véritable nature des croyances divines.

L'école est un outil essentiel de la diffusion de l'idéologie dominante dans les rangs de la classe ouvrière. Au fond, son rôle est de voiler la réalité de la société capitaliste. Quelle peut être la réponse de la classe ouvrière face à cela ? Le développement de la solidarité et de l'unité dans les luttes. C'est par la pratique que les ouvriers découvrent qu'ils sont exploités par le capital. C'est par les humiliations subies au quotidien qu'ils découvrent que la vision du monde que la bourgeoisie leur présente ne correspond aucunement à la réalité. Comme l'a écrit Lénine, "seule l'action éduque la classe exploitée, seule elle lui donne la mesure de ses forces, élargit son horizon, accroît ses capacités, éclaire son intelligence et trempe sa volonté." (Lénine. Rapport sur 1905. 22 janvier 1917). La lutte "la contraint à comprendre la structure du système économique, à connaître ce qu'est la société, où se trouvent ses ennemis et ses alliés."16 C'est donc le développement de la conscience de classe qui immunise contre l'idéologie bourgeoisie et permet de prendre conscience de son identité et du rôle que l'on doit jouer pour dépasser la société actuelle. "C'est une conscience de soi. Et cette prise de conscience est toujours synonyme d'une lutte de classe. La conscience de classe c'est donc tout simplement l'affirmation du prolétariat comme classe révolutionnaire, l'être conscient."17

Dans sa prise de conscience, le prolétariat n'a pas besoin des falsifications historiques de l'école bourgeoise. Son éducation passe par la transmission de génération en génération d'une histoire, d'une expérience, d'une théorie, d'une morale, d'une identité qui appartiennent uniquement à la classe ouvrière. Car ne l'oublions pas, "l'émancipation des travailleurs est l'?uvre des travailleurs eux-mêmes".

Courant Communiste International - http://fr.internationalism.org


1 "La suppression de l'histoire-géographie en Terminale S est une attaque économique et idéologique", Révolution Internationale, n° 408.

2 Ibid.

3 "Le communisme n'est pas un bel idéal mais une nécessité matérielle", Revue Internationale, n°68.

4 Ibid.

5 F. Engels, K. Marx, Manifeste du parti communiste, chap. 1. A l'époque où fut écrit ce texte en 1847, les connaissances sur les sociétés préhistoriques étaient infimes. L'organisation sociale antérieure, basée sur la propriété commune de la terre, était inconnue.

6 Ibid.

7 Pour une analyse plus approfondie de la signification de la Commune de Paris voir : "La Commune de Paris, premier assaut révolutionnaire du prolétariat" in Internationalisme, n° 351.

8 Manuel Nathan du programme de 3e.

9 Manuel Magnard du programme de 3e.

10 Programme de 3e, Bulletin officiel spécial n° 6 du 28 août 2008.

11 Manuel d'histoire, géographie, éducation-civique, Nathan 2014.

12 Présentation du programme d'éducation civique de 5e. Bulletin Officiel Spécial n°6 du 28 aout 2008.

13 Bulletin Officiel Spécial n°6 du 28 août 2008.

14 Patrick Garcia, Jean Leduc, L'enseignement de l'histoire en France de l'Ancien Régime à nos jours, Armand Colin, 2003.

15 Aménagement au programme d'histoire-géographique-éducation civique, septembre 2013.

16 "Idéologie et conscience de classe", brochure Organisation communiste et conscience de classe.

17 Idem.

Mon Nov 17, 2014 08:50 (fr)
La police assassine. Ni oubli ni pardon ! Des actions, des manifs, et des blocus de lycées ont lieu partout en France et ailleurs suite à la mort de Rémi Fraisse et plus généralement contre la repression. Cette mort est survenue après de violentes interventions policières répétées contre des opposants à des projets capitalistes mais elle est à ajouter à une plus longue liste. Chaque année, la police tue entre 10 et 15 personnes surtout dans les quartiers populaires. Pour défendre l'ordre social, l'Etat (...) - agenda / répression policière

La police assassine.
Ni oubli ni pardon !

Des actions, des manifs, et des blocus de lycées ont lieu partout en France et ailleurs suite à la mort de Rémi Fraisse et plus généralement contre la repression. Cette mort est survenue après de violentes interventions policières répétées contre des opposants à des projets capitalistes mais elle est à ajouter à une plus longue liste. Chaque année, la police tue entre 10 et 15 personnes surtout dans les quartiers populaires.

Pour défendre l'ordre social, l'Etat et sa police utilisent de manière systématique du matériel militaire : grenades offensives, tasers, flashballs, lacrymogènes, etc. qui provoquent de plus en plus souvent des blessures graves et des mutilations, parfois la mort.

Dans les quartiers, dans les luttes, en prison et aux frontières la police tue !

Si l'on parle aujourd'hui d'un mort en manif, il ne faut pas oublier que la police, la justice et l'État mutilent et tuent de manière quasi quotidienne et plus discrète dans les rues, dans les prisons, aux frontières ?comme à Calais. Ce sont toujours les mêmes qui sont visés : habitant-es des quartiers populaires, précaires, pauvres, personnes en lutte.

Médias et politiques omettent de parler de ces violences policières pour se focaliser sur quelques dégâts matériels lors des révoltes et manifestations. Ils tentent ainsi de diviser et de faire oublier les raisons de la colère alors que la multiplicité des modes d'action fait la force des luttes.

Il faut replacer le meurtre de Rémi dans une histoire longue où la police apparaît très clairement pour ce qu'elle est : un appareil d'Etat chargé de maintenir l'ordre économique, politique et social (capitaliste, raciste et patriarcal) par l'usage de la violence.

Elle est chargée de dominer, bannir et soumettre les couches sociales qui auraient le plus intérêt à se débarrasser de ce système parce qu'elles en bénéficient le moins.

De Zyed et Bouna (2005 ? Seine Saint-Denis) à Lahoucine Ait Omghar (2013 ? Pas de Calais) et à Rémi Fraisse (2014)
Nous ne vous oublierons pas !

Mon Nov 17, 2014 02:15 (fr)
La grève des pilotes d'Air France du mois de septembre a fait les gros titres de la presse et chacun y est allé de sa traditionnelle tirade fustigeant la "grève des privilégiés", la "prise en otage des usagers", le "sabotage d'une compagnie qui sortait du rouge". Bref, rien de moins que le traditionnel bruit de fond des médias totalement aux ordres du Capital. Mais au-delà, quelles leçons peut-on retenir de ce conflit ? Pourquoi tant de publicité ? Cette grève des pilotes, très suivie, a cloué au (...) - analyses / europe

La grève des pilotes d'Air France du mois de septembre a fait les gros titres de la presse et chacun y est allé de sa traditionnelle tirade fustigeant la "grève des privilégiés", la "prise en otage des usagers", le "sabotage d'une compagnie qui sortait du rouge". Bref, rien de moins que le traditionnel bruit de fond des médias totalement aux ordres du Capital. Mais au-delà, quelles leçons peut-on retenir de ce conflit ? Pourquoi tant de publicité ?

Cette grève des pilotes, très suivie, a cloué au sol plus de la moitié de la flotte pendant 14 jours. Elle a impliqué une majorité de pilotes qui refusaient l'orientation donnée à Transavia, filiale d'Air France depuis 2007, fournissant surtout des vols charters ponctuels ou saisonniers, désormais appelée à se transformer en véritable compagnie low cost, capable de concurrencer les géants EasyJet et Ryanair.

De fait, Transavia Europe et France sont amenées à récupérer une partie croissante de l'activité d'Air France, avec délocalisation de l'emploi vers ces filiales aux conditions de travail et de rémunération nettement plus dégradées. Les personnels navigants (pilotes et hôtesses) de Transavia France sont déjà payés environ 20% de moins que ceux de la maison mère pour voler un nombre d'heures supérieur. La direction mise donc sur le développement du low cost pour employer des pilotes sous droit portugais, polonais ou autre, afin de réduire encore davantage les coûts du personnel.

Face à cette nouvelle attaque, les grévistes réclamaient la création d'un "?contrat de pilote unique" pour que tous les pilotes du groupe travaillent aux conditions d'Air France, quelle que soit l'enseigne. La direction, évidemment, ne l'a pas entendu de cette oreille. Il n'y a pas trente-six solutions pour faire du low cost : pour une compagnie comme Ryanair, la masse salariale représente 13% des coûts contre 30% à Air France !

Pendant 14 jours, tout a été entendu de part et d'autres, donnant rapidement l'impression d'une confrontation très dure et sans issue. La réalité, c'est qu'un véritable partage du travail entre tous les acteurs officiels de la grève (direction et gouvernement) a fait pourrir la situation afin de torpiller la riposte légitime des pilotes. Chacun des protagonistes institutionnels s'est ainsi dressé pour contrer la colère des grévistes en multipliant les déclarations assassines. Celles bien sûr des médias classiquement défavorables à la grève, s'opposant au SNPL (Syndicat National des Pilotes de Ligne) majoritaire chez les pilotes, syndicat qui a joué la carte du faux radicalisme, du repli sur soi en affichant une détermination de façade. Beaucoup plus directement et frontalement face à ce SNPL, présenté comme "intransigeant", "jusqu'au-boutiste", la direction de la compagnie y est allée de son couplet sur le "désastre" d'une grève qui allait coûter les yeux de la tête et plomber à nouveau Air France ! Tout cela, appuyé encore par le gouvernement socialiste qui, semblant jouer le rôle d'un arbitre ferme, sommait les grévistes d'arrêter une grève "injustifiée". A leur tour, les autres syndicats de l'entreprise, généralement anti-grève (comme la CFDT) sont venus prêter main forte pour démoraliser et enterrer ainsi la combativité des pilotes. Tous ont été "solidaires" pour stigmatiser et isoler définitivement les pilotes, les dénoncer, cristalliser contre eux le mécontentement soigneusement attisé et entretenu, dénaturer complètement le sens de leur lutte. Un formidable isolement où les pilotes ont été présentés comme des "enfants gâtés" (sic) qui ne pensent qu'à leurs "privilèges", leurs "salaires de nababs" et avec lesquels aucune solidarité ne serait possible, ni même acceptable, aux dires de ces mêmes syndicats ! Pourtant, d'autres salariés d'Air France se sont posés la question de rejoindre le mouvement comme le personnel d'escale, par exemple. Mais pas question ! Les syndicats n'ont même pas joué l'illusion de l' "unité" ou exprimé une solidarité concrète aux grévistes comme ils savent si bien le faire pour mieux encadrer et isoler les luttes afin de les défaire : au contraire, c'était la CFDT ou la CGC qui jugeaient la grève "indécente" et accusaient les pilotes de "mettre en danger l'ensemble du personnel d'Air France". La CGT, premier syndicat d'Air France, elle, "ne condamne pas ce mouvement de grève sans pour autant soutenir le contenu ultracorporatiste de ses revendications". Plus hypocrite, tu meurs !

Les syndicats, champions toutes catégories du corporatisme et de la "spécificité catégorielle" dans les luttes, devenaient pour l'occasion les pourfendeurs de cet "ultra corporatisme" ! Pour renforcer la lutte ? L'étendre ? Pour crier "tous ensemble, tous ensemble" dans un vrai mouvement solidaire ? Pas du tout ! Pour mieux la diviser et l'enfermer?

Rien à voir donc avec une quelconque extension de la lutte ou la défense des intérêts ouvriers ! Unité, certes, mais contre la grève ! Les pilotes étant purement et simplement dénoncés comme de purs "égoïstes", aux conditions de travail et de salaires presque "honteuses" alors que des milliers d'ouvriers subissent la crise, eux ! Les pilotes ont été carrément dénoncés comme des "saboteurs de l'économie nationale" qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et ne sont en rien "solidaires" pour défendre l'économie de la nation. Et derrière toutes les déclarations gouvernementales et syndicales, on avait l'impression que les slogans staliniens des années 1930 étaient pratiquement remis à l'honneur : "La grève est l'arme des trusts", "il faut savoir arrêter une grève" !

Le poison nationaliste n'est jamais low cost !

Ce poison du nationalisme a été distillé du début jusqu'à la fin pour en faire la question centrale de la lutte : lutter oui? mais pour défendre l'économie nationale avant tout ! En clair, les pilotes devraient participer à "l'effort de la nation" comme tout le monde, eux encore plus que les autres vu leur niveau de salaires et leurs avantages? La seule solidarité possible serait celle qui s'applique à cet effort, celui du sacrifice ! Sans ce souci patriote, la lutte serait à rejeter ! Voilà, le vrai message.

Face à cette immonde propagande, le SNPL en a rajouté une couche, répliquant qu'au contraire, la revendication du "contrat unique" était la véritable défense de l'emploi "en France", la défense d'un low cost "made in France". Et le SNPL d'appeler ainsi les pilotes à revêtir la "marinière" nationale chère à l'ex-ministre Montebourg en gage de leur souci patriote. Bref, défense de l'intérêt national, maintenant et partout ! Le message s'adressait bien évidemment aux pilotes qui "plombaient" les comptes d'Air France de 20 millions d'euros par jour et "plombaient l'image de la France" face aux usagers étrangers, mais il s'adressait de manière encore plus sournoise à tous les ouvriers, employés, cadres, agents de l'Etat qui sont et seront amenés à réagir face aux attaques qui vont pleuvoir : la défense de vos conditions de vie, de travail, la défense de vos salaires? est "indécente" quand des millions de personnes sont dans une situation encore plus précaire et misérable que la votre ! Voilà encore le second message fort : la véritable solidarité avec les "autres couches sociales" c'est dans la contribution à l'effort national, dans la limitation des revendications catégorielles, qui ne doivent surtout pas entraver une exploitation accrue et jugée absolument nécessaire.

Une lutte de nature ouvrière

Et les pilotes dans tout cela ? Au-delà de tout ce qu'on a pu leur faire dire et essayé de leur faire croire, ils n'ont fait que réagir à une attaque qui concerne l'ENSEMBLE du personnel d'Air France, l'ENSEMBLE de la classe ouvrière, attaque qui n'est qu'une concrétisation supplémentaire des attaques plus générales sur les salaires et les conditions de travail en France comme partout dans le monde capitaliste. Sur son blog, un pilote témoigne : "Nous ne nous battons pas pour nous, surtout les vieux qui comme moi sont sur long courrier? Ce qui est sur la table n'est que la première étape d'un processus bien orchestré : la création d'une compagnie pan-européenne de droit portugais (très proche de l'irlandais) afin de délocaliser pour commencer les emplois les plus facilement délocalisables : les pilotes (?). Ensuite, ce sera le personnel de cabine (?). Ensuite, qu'est ce qui se passe ? Restent les non-délocalisables : le personnel au sol (?). Ils n'ont plus de boulot, puisque les escales de base sont maintenant nombreuses à l'étranger, bien installées en Tchéquie, Portugal, Grèce et, si ceux-ci deviennent trop chers, en Bulgarie, Roumanie (?) C'est cela que nous combattons, cet avenir, pour les jeunes pilotes, les enfants, les vôtres peut-être, qui souhaiteraient exercer ces métiers (?) Ceux qui ne comprennent pas cela aujourd'hui, ou ne veulent croire qu'à la propagande de nos élites dirigeantes devront s'en souvenir quand leur tour et celui de leurs enfants sera venu."

Tout le battage contre la grève s'est bien sûr cristallisé sur les salaires des pilotes ou commandants de bord grévistes. Il est évident que ces salaires ne sont pas du même ordre que le salaire minimum ou les salaires standards d'une majorité de salariés. Et les pilotes ne l'ont jamais nié. L'État, les syndicats, la presse ont eu beau jeu de s'appuyer sur les montants de ces salaires pour dénoncer les "nantis" face aux "vrais ouvriers" qui, eux, pourraient seuls avoir de véritables revendications. Tous ont bien fait passer le message que les pilotes ne sont pas des ouvriers ou employés, qu'ils n'appartiennent pas à la classe ouvrière.

A ce petit jeu du diviser pour mieux régner, la bourgeoisie sait faire depuis toujours. Pourtant, les pilotes n'ont que leur force de travail, comme la majorité des salariés et des chômeurs. Certes, cette force de travail est bien rémunérée jusque-là, avec des responsabilités et des contraintes que l'État sait leur faire payer, en cas de catastrophe aérienne, par exemple. Il en est de même d'une majorité d'ingénieurs et de "cols blancs" qui pendant longtemps ont été considérés comme privilégiés et qui maintenant commencent généralement leur carrière avec un emploi précaire et un salaire minimum.

Cette affirmation que les pilotes ne font pas partie de la classe ouvrière (comme c'est aussi le cas pour d'autres "cols blancs") est peut-être l'attaque la plus grave, la plus profonde, car elle sabote la notion d'identité ouvrière qui est essentielle pour la lutte, pour le combat prolétarien. La faiblesse de cette identité de classe aujourd'hui ne permet pas aux luttes prolétariennes, partout dans le monde, de se porter au niveau nécessaire pour déboucher sur la remise en cause du capitalisme et de sa barbarie. Cette faiblesse, malgré le développement des expériences, la réflexion bien réelle qui se mène dans les rangs ouvriers, ne permet pas encore d'envisager la transformation radicale de la société pour la satisfaction des besoins humains. Aujourd'hui, la bourgeoisie en ajoute une couche dans la division, dans la confusion ; poussant tous les ouvriers à s'opposer entre eux, à se méfier les uns des autres, à se considérer comme de simples "catégories socio-professionnelles" aux intérêts divergents, non comme des frères de classe dont l'intérêt est commun.

Le prolétariat a besoin de prendre conscience de lui-même, d'avoir conscience d'être une force sociale qui permet la lutte révolutionnaire et qui sait faire preuve de solidarité, d'unité face aux exploiteurs. Ceci est rendu très difficile depuis plus de deux décennies, la confiance ayant été attaquée en permanence, la bourgeoisie nous rabâchant que le communisme, que la classe ouvrière, étaient morts et enterrés sous les gravats du mur de Berlin ! La chanson dure encore et toute occasion est bonne pour affirmer une prétendue "disparition des ouvriers", pour profiter du manque de perspective autre que celui de la défense de l'État face à la crise.

Et maintenant ?

Officiellement, Transavia Europe n'existe plus, la direction aurait reculé. Mais tout ceci est faux : Transavia France continue et officieusement, Transavia Company est une nouvelle entité économique low cost qu'Air France a enregistré au Portugal en plein milieu de la grève elle-même !

Le message, là-encore, est clair : la lutte ne paie pas, tout ça pour ça ? Sur un plan immédiat, la bourgeoisie a gagné.

Ce conflit va laisser des traces durables sur les relations entre les pilotes et les autres catégories de personnel alors que les nouvelles attaques vont tomber. Mais il n'y aura pas d'autre choix que de réagir, de tirer les véritables leçons de cette lutte pour repartir au combat et dépasser les divisions.

Courant Communiste International - http://fr.internationalism.org

Sun Nov 16, 2014 06:07 (fr)
Depuis des semaines, le sort des Kurdes syriens est devenu l'une des justifications les plus importantes de l'intervention impérialiste sous hégémonie américaine en cours dans la région ; les médias internationaux ont focalisé l'attention autour du Kurdistan syrien (Kurdistana Rojava, Kurdistan de l'Ouest, en kurde) et de la ville de Kobané attaqués par les forces du groupe intitulé « l'Etat Islamique » (plus connu sous les appellations anglaises ou arabes : ISIS ou Daech). Le Kurdistan Syrien, composé de (...) - analyses / anti impérialisme, proche et moyen orient, contre les guerres

Depuis des semaines, le sort des Kurdes syriens est devenu l'une des justifications les plus importantes de l'intervention impérialiste sous hégémonie américaine en cours dans la région ; les médias internationaux ont focalisé l'attention autour du Kurdistan syrien (Kurdistana Rojava, Kurdistan de l'Ouest, en kurde) et de la ville de Kobané attaqués par les forces du groupe intitulé « l'Etat Islamique » (plus connu sous les appellations anglaises ou arabes : ISIS ou Daech).

Le Kurdistan Syrien, composé de 3 zones frontalières avec la Turquie, dont celle de Kobané, comprend 2 millions d'habitants environ (soit en gros un dixième de la population totale de la Syrie) ; mais plusieurs centaines de milliers de Kurdes vivaient et travaillaient dans les grandes villes syriennes, notamment à Alep et à Damas.
En s'attaquant à Kobané, ISIS veut sans doute unifier les territoires qu'il domine ; mais surtout il veut s'assurer du contrôle de la frontière avec la Turquie, la ville étant une voie de transit vitale pour le pétrole de Rakka, capitale provinciale sur lequel il a mis la main en en chassant le Front Al-Nosra. Les différentes factions rebelles ne luttent en effet pas seulement contre le régime de Damas ; elles luttent aussi entre elles pour se tailler des fiefs qu'elles administrent au profit de leurs commanditaires. La force d'ISIS tient à ce qu'il a réussi, y compris mais pas uniquement, par la violence la plus brutale, à fédérer autour de lui plus d'intérêts bourgeois que ses rivaux.

Outre les déclarations de responsables onusiens et de dirigeants politiques bourgeois en faveur des Kurdes de Kobané, les appels des traditionnelles personnalités démocrates (en France citons les inévitables Kouchner et Bernard-Henri Lévy), outre la mobilisation internationale du PKK (Parti des Travailleurs Kurdes) et de ses alliés ainsi que d'autres groupes kurdes, on a assisté également dans de nombreux pays à la participation active de forces d'extrême-gauche, au nom de la lutte contre l'obscurantisme d' ISIS et de l'urgence à éviter un « massacre » de civils à Kobané. Cette implication de l' « extrême-gauche » prétendument révolutionnaire ne sert, en définitive, qu'à cautionner l'intervention impérialiste aux yeux des prolétaires indignés par les actions perpétrées par les Islamistes d'ISIS

Citons, à titre d'exemple, des extraits d'un tract d'une organisation libertaire active dans cette campagne, l'OCL, qui « expliquait » sa position (attention ! Le raisonnement est plutôt alambiqué) :
« Si nous appelons à mobiliser et à amplifier la solidarité avec la résistance de Kobanê et plus généralement avec la lutte du peuple kurde, c'est d'abord parce qu'il y a urgence et que chaque jour, chaque heure compte. Et si cette urgence nous concerne, c'est parce que le mouvement de libération du Kurdistan ? avec ses caractéristiques plutôt positives et d'autres plus discutables et critiquables ? nous apparaît aujourd'hui, dans cette région du monde, comme la principale force susceptible non seulement de contrecarrer la double barbarie des islamistes et des régimes en place, mais aussi d'introduire dans les zones kurdes et bien au-delà, suffisamment d'éléments de transformation et de rupture à partir desquels il devient au moins possible ? et pensable ? de postuler des formes d'égalité, d'ouvrir des espaces politiques autonomes [?] d'appropriation du commun [?], et d'avancer des perspectives intelligibles et audibles de libération sociale et politique. C'est là une condition non suffisante mais nécessaire pour faire reculer les barbaries à l'oeuvre, pour rendre de nouveau l'air respirable et ce monde habitable ici aussi » (1).

Ce qui n'est pas audible dans le tract de l'OCL fustigeant « les dictatures sanglantes de Damas et Bagdad », « les djihadistes » et « les pétromonarchies », c'est une dénonciation ouverte de l'impérialisme, américain et français. Une telle dénonciation serait difficile alors que le tract critique essentiellement le manque d'efficacité des bombardements américains (jugés « dérisoires » par les experts militaires de l'OCL), et se contente de dire que la coalition impérialiste « prétend combattre pour éliminer les djihadistes », autrement dit ne combat pas vraiment ! Il est vrai que si nous nous trouvons en présence d'une lutte contre la « barbarie » (George Bush aurait dit : contre « l'empire du mal »), on peut bien souhaiter la victoire de la civilisation des missiles de croisière et des chasseurs-bombardiers !
L'OCL a donc sans doute été satisfaite de l'intensification sans cesse croissante de l'intervention américaine au fil des jours.

C'est en tout cas l'avis des trotskystes du NPA de Toulouse ; dans leur communiqué du 19/10 intitulé « Soutien total et inconditionnel aux combattantes et combattants de la liberté

] de Kobané » (2) ils n'hésitent pas à écrire : « le NPA salue l'efficacité des frappes de l'US Air Force de ces 4 derniers jours ». Et, saluant aussi « la décision de l'état-major US d'intégrer un commandant des YPG [milices kurdes liées au PKK] à son QG des frappes aériennes » et se félicitant par avance d'une « remontée des bretelles de la Turquie à [une réunion de] l'Otan », le NPA toulousain « dénonce la veulerie et l'hypocrisie du gouvernement Valls et de François Hollande et de l'Union Européenne » qui resteraient spectateurs des événements !
A notre connaissance la direction du NPA n'a pas claironné publiquement des positions aussi clairement pro-impérialistes ; mais elle a signé avec des organisations pro-kurdes et les sociaux-impérialistes du PCF et cie, une lettre pour demander à Hollande le soutien militaire de l'impérialisme français aux combattants de Kobané ? ce qui revient au même. On peut lire dans cette lettre : « Notre pays [sic
s'est engagé aux cotés des Irakiens et des Kurdes pour mettre un terme à l'emprise des djihadistes sur cette partie du monde, et c'est une bonne chose » (3). Le NPA est ainsi passé en quelques semaines de la condamnation de l'intervention impérialiste française à son approbation !
Ces prises de position sont la conséquence logique de l'engagement dans la campagne de mobilisation impérialiste qui était manifeste dès le mois d'août avec un communiqué « exigeant » ? de qui sinon de l'impérialisme ? ? la fourniture d'armes « à toutes les forces qui combattent le confessionalisme » (4) donc y compris même aux forces bourgeoises réactionnaires pourvu qu'elles combattent ISIS ! Peu après les divers grands Etats impérialistes occidentaux accédaient aux « exigences » du NPA?

VOUS VOULEZ LA DEMOCRATIE AU MOYEN-ORIENT ?
FAITES APPEL A L'IMPERIALISME !

Une journée « mondiale » de solidarité avec Kobané a été organisée le premier novembre. Dans l'appel officiel à cette journée, il était dit : « Si le monde veut la démocratie eu Moyen-Orient, il doit soutenir la résistance kurde à Kobané » (5). Qui c'est « le monde » ? L'appel, un peu plus bas, parlait de façon plus précise d' « acteurs mondiaux » : « Il est grand temps de donner aux acteurs mondiaux des raisons de changer d'avis ». Et pour dissiper toute ambiguïté sur qui sont ces « acteurs » à qu'il faut faire changer d'avis : « La soi-disant coalition internationale de lutte contre l'EI n'a pas apporté une aide efficace à la résistance kurde (?). Ils n'ont pas rempli les obligations qui sont les leurs en matière de droit international ».
On voit qu'il ne s'agit bel et bien d'un appel à l'impérialisme (ou d'une pression sur celui-ci) pour qu'il renforce son intervention militaire au Moyen-Orient, en reprenant les écoeurants arguments bourgeois habituels : démocratie, droit international, « humanité », « prévention d'un génocide en cours » (ne reculant devant rien, le texte parle même de « pire génocide de l'histoire moderne » !), etc., qui ont toujours été utilisés pour justifier les guerres.
Le « droit international », ce sont les règles qui codifient les relations entre Etats bourgeois ; basé sur des rapports de force, ce droit n'est jamais respecté par ceux, s'ils en ont la force, qu'il gêne, comme le prouve toute l'histoire des relations internationales.
La « démocratie », c'est le système pacifique de domination bourgeoise qui est basé sur la collaboration des classes ; il est possible quand le capitalisme est suffisamment prospère pour acheter la paix sociale grâce à la corruption de larges secteurs d' « aristocratie ouvrière » et à la concession au reste des prolétaires de quelques avantages, qui ne sont que des miettes des masses de profits encaissés.
Dans les pays où le capitalisme est trop faible et où les tensions sociales sont très fortes en raison du besoin d'extorquer jusqu'à la dernière goutte de plus-value aux masses, la domination bourgeoise revêt inévitablement un tour brutal, violent, terroriste. Le terrorisme des Islamistes syriens n'est que le pendant du terrorisme de l'Etat et du capitalisme syriens qui s'exerce sans retenue depuis des décennies. Les crimes d'ISIS pâlissent devant les crimes du régime qui, encore aujourd'hui, tue, massacre et torture à grande échelle (c'est ainsi que près de 2000 prisonniers auraient été tués, le plus souvent torturés à mort, dans les geôles du régime depuis le début de l'année) (6).
Vouloir la « démocratie » au Moyen-Orient, autrement dit la perpétuation du capitalisme, mais sous une forme pacifique, est ou rêver les yeux ouverts, ou proférer un mensonge pour camoufler l'intervention impérialiste !

Pendant que se mobilisaient et s'agitaient les partisans des combattants kurdes, pendant qu'ils réclamaient l'envoi d'armes, qu'ils demandaient le retrait du PKK de la liste des « organisations terroristes » (liste où sont inscrits les organisations et partis qui affrontent l'impérialisme et les Etats bourgeois occidentaux), les « acteurs internationaux » sérieux en effet agissaient sur le terrain ? et dans le sens voulu par eux !
Les bombardements américains n'ont cessé de s'accroître (plus d'une centaine à la mi-octobre), et les contacts avec le PYD (nom de l'organisation du PKK en Syrie) et les Etats-Unis ont été rendus publics. La presse internationale a révélé que de difficiles négociations secrètes avaient eu lieu ces dernières semaines, alors même que le gouvernement turc réprimait dans le sang des manifestations kurdes en soutien à Kobané (plus de 30 morts), entre la Turquie, les Etats-Unis, le PYD et les organisations kurdes d'Irak pour coordonner la défense de la ville et arriver à un accord entre factions kurdes (7).
Le PKK/PYD a obtenu, essentiellement grâce à la bataille de Kobané, ce qu'il recherchait : sa reconnaissance par l'impérialisme américain et les impérialismes occidentaux (8), qui sanctionne son intégration de fait dans la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis. Il a même obtenu que le PDK (Parti Démocratique du Kurdistan) de Barzani qui dirige le Kurdistan semi-autonome irakien, abandonne ses partisans locaux du CNK (Conseil National Kurde syrien, qui reprochait au PKK/PYD son refus de participer à la lutte contre Damas), et reconnaisse sa prééminence dans les régions kurdes syriennes. La Turquie, qui, à l'ombre du pétrole kurde irakien, entretient des rapports privilégiés avec le PDK (9), a fait un geste en acceptant de laisser passer par son territoire des peshmergas (combattants) du PDK pour renforcer les combattants de Kobané.
Cependant, signe de la précarité de l'union des factions kurdes, le PKK/PYD n'a accepté la venue que d'une centaine de combattants du PDK, en précisant qu'ils ne seraient cantonnés à l'arrière : il ne veut partager la direction des combats avec personne.

RECOMPOSITION EN COURS SUR FOND DE RIVALITES D'INTERETS

Les négociations entre la Turquie, les Etats-Unis et les factions kurdes ont été, et sont toujours, difficiles. Bien qu'elle fasse partie de l'OTAN et qu'elle ait adhéré à la coalition, la Turquie rechigne à laisser les Américains utiliser ses aérodromes pour attaquer ISIS. Elle demande comme préalable à tout engagement militaire qu'on lui accorde la création en Syrie, le long de sa frontière, d'une « zone-tampon » qui soit aussi une « zone d'exclusion aérienne » (no-fly zone : zone interdite à l'aviation syrienne). Mais les Américains refusent car cela risquerait de les conduire? à un conflit avec Damas !

Depuis l'été 2013 en effet l'impérialisme américain a conclu que le renversement du régime de Bachar El-Assad risquait de déboucher sur une situation incontrôlable en Syrie, étant donné l'échec à mettre sur pied une force d'opposition suffisamment solide et fiable : l'exemple libyen est là pour montrer les difficultés à reconstituer un appareil d'Etat dans un pays fragmenté en multiples factions bourgeoises rivales. Les Américains se sont officiellement fixé la tâche de constituer une force d'opposition islamiste « modérée » au régime syrien, tout en avertissant que cette tâche prendrait « des mois et des années » ; cela laisse tout le temps de négocier avec le régime et ses parrains, Russie et Iran.
Entre-temps le risque d'effondrement du régime irakien leur a fait considérer ISIS comme le véritable ennemi à abattre. Mais bombarder en Syrie, où se trouvent les bases d'ISIS, implique un minimum d'accord avec le régime d'El-Assad qui dispose d'une aviation et de systèmes de défense antiaériens sophistiqués. Bien qu'ils le nient officiellement, les impérialistes américains ont donc renoué des contacts avec le régime syrien honni, le laissant même redoubler ses attaques contre les groupes insurgés !
De même, Paris, qui affirme toujours haut et fort son hostilité à Damas, a discrètement pris contact, comme d'autres capitales européennes paraît-il, avec les Services syriens pour leur demander leur aide contre les jeunes partis combattre dans les rangs islamistes (10). La tentative a échoué parce que les autorités syriennes ont posé comme condition à leur collaboration la réouverture de l'ambassade de France à Damas, mais le fait est significatif du tournant impérialiste en cours.

En centrant l'attention sur les combats de Kobané, les médias internationaux, répondant docilement aux desiderata de l'impérialisme américain, ont caché de fait les attaques du régime contre les insurgés d'Alep, Homs et ailleurs ; selon l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme, pas moins de 553 bombardements auraient été effectués par l'aviation syrienne contre les rebelles rien que dans la période du 20 au 25 octobre (11) : dans un ciel syrien bien encombré, missiles de croisière et avions américains et avions syriens ne se combattent pas, mais se partagent la tâche?

Pour la Turquie d'Erdogan, à l'inverse, l'ennemi désigné est le régime syrien et les différentes factions rebelles islamistes sont des alliés au moins potentiels ; elle reproche donc amèrement aux Etats-Unis de ne pas s'attaquer aux forces de Damas et d'avoir renoncé à faire tomber le régime de Bachar El-Assad. Alors que son président entretient pour des raisons de propagande nationaliste le rêve de l'empire ottoman perdu, la Turquie nourrit des ambitions impérialistes régionales bien réelles qu'elle n'entend pas sacrifier aux intérêts américains. Inquiet des retombées des troubles en Syrie (des dizaines de milliers de réfugiés syriens se trouvent sur son territoire), le gouvernement turc redoute en outre la création d'un Etat kurde indépendant, qui risquerait d'attiser les aspirations sécessionnistes parmi les Kurdes turcs. La Turquie s'entend très bien avec les autorités du Kurdistan irakien liées au PDK de Barzani, à cause bien sûr du pétrole, mais aussi parce qu'elles s'affirmaient hostiles à l'indépendance.
Mais les différends sans cesse croissants de ces autorités avec le gouvernement de Bagdad ainsi que la poussée de ISIS ont changé la donne. Bien qu'ils soient en théorie au nombre de plusieurs dizaines de milliers et puissamment armés, les peshmergas kurdes n'ont pas bougé le petit doigt pour venir au secours de l'armée irakienne régulière lorsqu'elle a été attaquée par ISIS ; ils ont au contraire attendu sa débandade pour agrandir leur territoire en s'emparant de la ville de Kirkouk et de sa région riche en pétrole.
Et fin juin, après que les autorités israéliennes aient multiplié les déclarations fracassantes en faveur d'un Etat kurde indépendant (12), Barzani déclarait à la BBC qu'il allait organiser un référendum sur l'indépendance du Kurdistan irakien. On n'a plus entendu de tels propos par la suite, mais le Kurdistan irakien, armé par les divers impérialismes occidentaux, jouit aujourd'hui d'une indépendance de fait.

LE PKK, PARTI NATIONALISTE BOURGEOIS

Créé à la fin des années 70, le PKK est une organisation nationaliste kurde de Turquie, présente aussi dans l'émigration turque en Europe, qui a entamé au milieu des années 80 une guérilla sur le mode maoïste pour l'indépendance du Kurdistan turc. Il a réussi dans une large partie à canaliser à son profit la colère des populations kurdes soumises depuis toujours à une véritable oppression de la part des autorités d'Ankara (pendant longtemps interdiction de parler kurde, même en privé, répression de toute velléité d'organisation kurde, etc.), alors qu'elles constituent environ un cinquième de la population de Turquie. Au milieu des années 90, le PKK abandonna ses platoniques références au marxisme pour les remplacer par des références à l'Islam ; il abandonna aussi la revendication d'indépendance pour la remplacer par celle de l'autonomie. Il professe maintenant une idéologie purement démocratique digne d'un parti parlementaire. Début 2013 il a appelé ses partisans à déposer les armes à la suite de l'ouverture d'un « processus de paix » avec le gouvernement.

Pendant des années le PKK, protégé par le régime de Afez El-Assad (père du président actuel), avait constitué une base arrière dans les régions kurdes de Syrie ; ses adversaires lui reprochent d'avoir collaboré pendant cette période avec les services secrets syriens pour y réprimer toute opposition au régime. Mais quelques années plus tard le rapprochement de la Syrie et de la Turquie entraîna l'expulsion des militants du PKK, ce qui conduisit à l'arrestation de leur chef, Ocalan, qui purge maintenant une peine de prison à vie en Turquie.
La détérioration des rapports avec la Turquie depuis l'éclatement de la guerre civile en Syrie a conduit à un nouveau rapprochement du PKK et de son organisation en Syrie (PYD) avec le régime de Damas. En 2012 celui-ci retirait du Rojava ses soldats et ses policiers dont il avait un besoin urgent pour résister à l'insurrection, remettant en pratique les clés de la région au PKK/PYD ; à la différence des autres partis et organisations kurdes syriennes celui-ci a en effet toujours refusé de rejoindre la révolte contre le régime et il a maintenu les contacts avec les autorités syriennes. Il a même livré des batailles sanglantes aux insurgés, soit des Islamistes du Front Al-Nosra, soit des « modérés » pro-Américains de l'Armée Syrienne Libre, pour défendre les frontières de sa région ; et à l'intérieur de celle-ci, il n'a pas hésité à réprimer ses adversaires politiques : ce fut le cas dans la ville de Amouda où la répression en juin 2013 d'une manifestation pacifique par le PYD fit plusieurs morts et se solda par l'enlèvement de plusieurs militants d'opposition ; en protestation, des manifestations, sit-in et grèves de la faim eurent lieu en plusieurs endroits exigeant le retour des personnes enlevées (13).
Le PKK/PYD prétend avoir réalisé, selon les nouveaux préceptes d'Ocalan, une « révolution » au Rojava en instituant une organisation territoriale? sur le modèle suisse ! Selon lui cette révolution dépasserait les révolutions française, russe et chinoise en raison de son caractère démocratique?
En réalité le PKK/PYD est un parti nationaliste bourgeois, anti-prolétarien, qui est bien incapable non seulement de mener une révolution, mais aussi de défendre les intérêts de classe des exploités : il n'a jamais hésité à chercher le soutien de n'importe quel Etat bourgeois ou de n'importe quel impérialisme ; sa reconnaissance par l'impérialisme américain en est une démonstration supplémentaire.
Contrairement à ce qu'affirme sa propagande reprise sans sourciller par ses soutiens européens comme les libertaires que nous avons cités au début de cet article, le PKK/PYD n'appelle pas « à ne faire aucune confiance aux Etats et aux régimes en place » ! Il n'appelle pas « les populations (?) à s'engager directement dans la résistance, à se battre, à s'organiser par elles-mêmes, à s'armer militairement et politiquement, à s'auto-défendre socialement, à coordonner leurs milices populaires, à ne compter que sur leurs propres forces et mobilisation pour protéger leur territoire et leurs vies et repousser les djihadistes » (14).
D'ailleurs la population de Kobané, loin de s'engager directement dans la résistance, s'est enfuie en Turquie (15), démontrant que la guerre en cours n'est pas sa guerre.

UNE SEULE ISSUE : LA PERSPECTIVE PROLETARIENNE DE CLASSE

Comment pourrait-il en être autrement ? Pour cela il faudrait qu'il y ait en acte une véritable révolution, pas une pseudo-révolution démocratique à la suisse, mais une véritable révolution sociale faite par les masses exploitées et opprimées. Dans la Syrie bourgeoise où le capitalisme est le mode de production dominant, historiquement, il ne peut plus être question que d'une révolution prolétarienne, une révolution socialiste.
Mais une telle révolution ne pourrait avoir comme arène une petite région agricole ; elle devrait s'appuyer sur un puissant mouvement de classe dans les grands centres urbains où se trouvent concentrés les prolétaires de toutes les nationalisés ; pour cette révolution, il ne s'agirait plus de « protéger un territoire » régional, mais de s'étendre d'abord à tout le pays et ensuite internationalement à tous les pays ; il ne s'agirait plus de coordonner des milices « populaires », mais d'édifier une armée de classe, plus seulement de se défendre contre les djihadistes réactionnaires, mais de saper leur puissance en insufflant la lutte de classe à l'intérieur de leur territoire. Il ne s'agirait plus d'instaurer un régime démocratique et laïc, mais d'abattre l'Etat bourgeois et de le remplacer par le pouvoir dictatorial des opprimés, la dictature du prolétariat indispensable pour extirper le capitalisme. Evidemment une telle révolution ne pourrait songer à quémander l'appui de l'impérialisme dont elle appellerait au contraire les prolétaires à la révolte ! Et cette révolution ne pourrait être dirigé par un parti national ou nationaliste, mais uniquement par le parti prolétarien international et internationaliste.
C'est bien parce qu'il n'existe rien de tel, que la révolte en Syrie a dégénéré en combats sanglants où s'affrontent diverses forces bourgeoises, plus ou moins soutenues par des parrains étrangers et qui, pour maintenir ou solidifier leur emprise sur leurs partisans et sur les masses, n'ont d'autre ressource que d'utiliser au maximum l'idéologie dominante la plus réactionnaire : la religion.
Comme l'écrivait Amadeo Bordiga, les plus graves crises de l'ordre bourgeois ne peuvent déboucher que sur une situation contre-révolutionnaire en l'absence du parti de classe, parce que cette absence implique que le prolétariat est incapable d'agir en tant que force indépendante : la bourgeoisie a alors toute latitude pour surmonter, à sa façon, la crise.

Mais, nous dira-t-on, s'il n'y a pas de parti de classe, pas de mouvement prolétarien indépendant, au moins faut-il s'opposer aux plus réactionnaires et appuyer les forces les plus démocratiques ? Et si les militaires américains ou français peuvent faire obstacle à la « barbarie » ou à « l'obscurantisme » ne faut-il pas les soutenir, au Moyen-Orient comme en Afrique ?
C'est un argument classique ? choisir le « moindre mal », le camp bourgeois le moins méchant ? qui a été utilisé d'innombrables fois, en temps de guerre comme en temps de paix, pour enchaîner la prolétariat à la bourgeoisie, pour empêcher l'apparition ou le renforcement d'organisations de classe ; son seul résultat est toujours de livrer les prolétaires sans défense à leurs bourreaux.
Non seulement en effet il est impossible de venir en aide aux masses opprimées en s'associant, d'une façon ou d'une autre, à l'impérialisme qui pille et ravage la planète, exploite et massacre ces masses dans le monde entier ; mais ce faisant, on ne peut que le renforcer, on ne peut qu'accroître la puissance du capitalisme et affaiblir jusqu'à la lutte de résistance la plus élémentaire des prolétaires. Le premier ennemi des prolétaires est leur propre bourgeoisie : s'allier avec elle, quel que soit le prétexte, c'est trahir le prolétariat.

Il n'est pas possible de s'opposer réellement aux forces réactionnaires, islamistes ou non, en reprenant des programmes et des perspectives démocratiques bourgeoises et en s'alliant en conséquence avec des forces bourgeoises ; mais seulement en mettant en avant un programme et des perspectives anti-démocratiques, c'est-à-dire de classe, anticapitalistes, antibourgeoises, et en recherchant sur cette base l'union avec les prolétaires et les masses exploitées de toutes les nationalités et de tous les pays.
Les communistes avaient établi cette règle d'or en 1920 : « L'internationale Communiste ne doit soutenir les mouvements révolutionnaires dans les colonies et les pays retardataires que dans le but de regrouper les éléments constitutifs des futurs partis prolétariens - qui seront effectivement communistes et pas seulement en paroles ? et de leur enseigner leur tâche spécifique, à savoir la lutte contre les courants démocratiques bourgeois dans leurs pays » (16).
90 ans plus tard, alors qu'il n'existe plus d'Internationale Communiste sur laquelle s'appuyer, la consigne doit être respectée avec d'autant plus d'application que l'Internationale elle-même, en dégénérant, l'oublia bien vite. Les prolétaires doivent s'opposer sans hésitation à toutes les interventions militaires de « leur » Etat ; mais toute « solidarité » avec des populations martyrisées ou avec des luttes, qui se situe en dehors de positions de classe, que ce soit sur des bases humanitaires, démocratiques, nationalistes ou autres, doit être dénoncée comme anti-prolétarienne.
Paraphrasant ce que disait le révolutionnaire socialiste polonais Warynski à propos de l'indépendance de la Pologne (17), nous pourrions dire : « il existe au monde un peuple plus malheureux que les Kurdes ? c'est celui des prolétaires ».
Cela ne signifie pas que les prolétaires doivent se désintéresser du sort des Kurdes et autres nationalités, à qui il faut reconnaître pleinement le droit à l'autodétermination ; mais cela signifie qu'ils doivent toujours défendre d'abord leurs intérêts de classe ; et que dans la lutte contre toutes les oppressions, y compris l'oppression nationale, dans la lutte contre toutes les réactions, y compris islamistes, ils ne doivent jamais transiger sur la nécessité absolue de l'indépendance et de l'organisation de classe, sur la nécessité primordiale de l'unité des prolétaires par dessus toutes les divisions nationales, ethniques, religieuses ou autres.

La véritable solidarité, non seulement avec les masses kurdes de Kojava, mais avec les masses prolétarisées de Syrie écrasées sous la mitraille, ou condamnées par millions à une existence misérable de réfugiés, consiste à travailler, ici, au coeur des métropoles impérialistes, à la reprise de la lutte de classe, révolutionnaire et internationaliste contre le capitalisme et l'impérialisme et à la reconstitution de l'organe suprême de cette lutte, le parti de classe international.
Et le premier pas indispensable est le refus de l'embrigadement dans les mobilisations pro-impérialistes, le refus de soutenir des forces et partis non prolétariens, le refus d'adhérer à des perspectives non classistes.


Parti Communiste International

www.pcint.org

(1) Tract du 3/10/14
(2) http://www.npa31.org/actualite-poli?
(3) http://blogs.mediapart.fr/blog/maxi?
(4) http://www.npa2009.org/communique/s? Pour le NPA, le gouvernement français est donc l'incarnation d'un « pays » dont il affirme faire partie ? et tant pis si le Manifeste disait que les prolétaires n'ont pas de patrie?
(5) http://oclibertaire.free.fr/spip.ph? Parmi les signataires de l'appel (personnalités bourgeoises diverses, artistes, intellectuels, etc.), on trouve en 2e position l'archevêque Desmond Tutu, celui-là même qui avait béni le passage de l'apartheid à un régime démocratique pour perpétuer l'exploitation négrière des prolétaires sud-africains. Sa signature suffirait à qualifier l'appel?
(6) http://syriahr.com/en/2014/11/nearl?

(7) Voir par exemple l'article détaillé du Financial Times du 24/10/14.
(8) Une première rencontre officielle a eu lieu en octobre entre des responsables français et Saleh Muslim, le chef du PYD ; Paris refusait jusqu'à présent tout contact avec l'argument que le PYD-PKK n'était « pas assez engagé » dans lutte contre Damas. Mais selon le diplomate qui a rencontré Muslim : « les Américains ayant eux-mêmes fini par rencontrer récemment les représentants du PYD, on ne pouvait plus refuser de voir les Kurdes syriens » cf http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2? L'inénarrable Bernard-Henri Lévy a écrit sur son blog : « Le PKK est le fer de lance, en Syrie, non seulement de la résistance à Daech, mais des valeurs que veut éradiquer Daech (?). C'est pourquoi le PKK et les partis qui lui sont liés doivent être reconnus pour ce qu'ils sont : un opérateur de stabilité et, demain, de paix au Proche-Orient ». A-t-il adhéré à l'OCL ? cf http://laregledujeu.org/bhl/2014/10?
(9) Les deux principaux partis bourgeois du Kurdistan irakien, qui se sont combattus les armes à la mains pendant des années, sont le PDK de Barzani et l'UPK (Union Patriotique du Kurdistan) de Talabani formé par la fusion de divers partis dont les ex-« marxistes-léninistes » du Komala ; Talabani est président de l'Irak depuis 2006 (poste honorifique sans pouvoir politique) et vice-président de l'Internationale Socialiste. L'UPK est proche des autorités iraniennes et par conséquent favorable au régime de Damas. Le clan Barzani qui dirige le PDK a une longue histoire de bons rapports avec l'impérialisme occidental et Israël ; il a tissé des liens étroits avec la Turquie et il soutient l'opposition au régime syrien. En 2011 le PDK a constitué le CNK, qui regroupe les partis kurdes syriens partisans de la rébellion contre Damas. Le PYD/PKK reproche au CNK d'avoir abandonné la revendication d'autonomie du Rojava pour s'allier avec les rebelles (qui y sont hostiles) ; et il l'accuse d'être aux ordres de la Turquie. Diverses tentatives d'accord, non suivies d'effet, ont eu lieu entre le PYD/PKK qui domine sur le terrain en raison de son organisation militaire, et le CNK.
(10) cf Le Monde, 7/9/2014
(11) http://syriahr.com/en/2014/10/553-a?
/
(12) http://www.al-monitor.com/pulse/pol?

(13) Voir le communiqué du TCK (Mouvement de la Jeunesse Kurde) qui appelait à une « révolution » contre le PYD :
https://syriafreedomforever.wordpre?
/
(14) OCL, tract du 3/10/14. L'OCL use d'une périphrase pleine de tact pour parler du PKK : « les mouvements de la gauche kurde »?.
(15) Selon Le Monde du 12-13/9/14, il n'y avait plus à cette date que 7 à 800 civils à Kobané sur une population initiale d'environ 50.000.
(16) cf « Thèses sur la question nationale et coloniale », IIe Congrès de l'IC, Moscou, juillet 1920.
(17) cf Jacques Droz, « Histoire générale du socialisme », PUF 1977, Tome 3, p. 324.

Fri Nov 14, 2014 21:55 (fr)
Communiqué du Comité Indivisible Parution du rapport Pour Quoi Rémi est-il mort ? Premières analyses de la mort de Rémi Fraisse, de son environnement géopolitique et des conséquences à en tirer Après analyse du contexte géopolitique de la mort de Rémi Fraisse, nous estimons qu'il existe un faisceau de présomptions suffisant pour que nous ne puissions rester sans rien faire. Nous avons donc entrepris la rédaction d'un rapport que nous rendons dès aujourd'hui disponible, dans lesquels nous avons (...) - analyses / alternatives, antimilitarisme, écologie , contrôle social, luttes sociales


Communiqué du Comité Indivisible


Parution du rapport Pour Quoi Rémi est-il mort ?

Premières analyses de la mort de Rémi Fraisse, de son environnement géopolitique et des conséquences à en tirer

Après analyse du contexte géopolitique de la mort de Rémi Fraisse, nous estimons qu'il existe un faisceau de présomptions suffisant pour que nous ne puissions rester sans rien faire.

Nous avons donc entrepris la rédaction d'un rapport que nous rendons dès aujourd'hui disponible, dans lesquels nous avons rassemblé les éléments permettant de soupçonner une implication profonde du gouvernement dans cet événement tragique.

Suite aux réflexions développées dans ce rapport, nous appelons dès à présent toute personne troublée par la conduite des forces anti-émeute et du gouvernement :

- A lancer des actions fortes partout en France pour réclamer la libération immédiate des inculpés et la suspension de l'usage des armes de guerre par les forces anti-émeute ;

- A organiser des occupations de places pour réclamer, notamment, la mise en place d'une enquête internationale indépendante par la cour pénale internationale de la Haye, et surveiller son bon déroulement par une contre-enquête citoyenne ;

- A contribuer au début de cette contre-enquête citoyenne :

- en sauvegardant et diffusant le rapport en question pour éviter la censure gouvernementale,

- en lisant et analysant ce rapport, les textes référencés et ceux que nous n'avons pas lus ou retenus,

- en participant à la finalisation de ce rapport (corrections, rédaction des passages manquants, références complémentaires, etc.),

- en participant à la poursuite de l'enquête (constitution d'un recueil de témoignages des exactions de la police, réflexion collective sur les suites à donner, etc.) ;

- A rencontrer tous ceux qui, comme toi, refusent un système qui assassine ses enfants. Zadiste ou bénévole écologiste, squatteur ou Anonymous, pacifiste ou black-block, terroriste ou simple citoyen, le système se soucie peu de l'étiquette dont tu t'affubles. Le système est en guerre, en guerre contre le peuple tout entier. C'est au peuple tout entier de s'organiser pour lui répondre :

?

« Le peuple n'oublie pas ! »

« Le peuple ne pardonne pas ! »

« Le peuple ne se laisse pas faire ! »

« Le peuple uni jamais ne sera vaincu ! »

Fri Nov 14, 2014 06:12 (fr)
Jeudi 27 novembre à 19h30, le Kino-Ciné vous propose de (re)découvrir MAÏDAN de Sergei Loznitsa : Loznitsa, qui avait déjà brillé à Cannes avec Dans la Brume et My Joy, propose avec Maïdan une forme pénétrante de représentation d'un moment historique. Le film sera suivi d'une discussion avec Sabine Dullin, spécialiste de l'histoire de l'URSS et des frontières de la Russie, professeur à Lille 3 et auteur de La Frontière épaisse, aux origines des politiques soviétiques (1920-1940) (édition de l'EHESS). 2.60? (...) - agenda / europe, manifestations & occupations, video, répression policière, luttes sociales

Jeudi 27 novembre à 19h30, le Kino-Ciné vous propose de (re)découvrir MAÏDAN de Sergei Loznitsa : Loznitsa, qui avait déjà brillé à Cannes avec Dans la Brume et My Joy, propose avec Maïdan une forme pénétrante de représentation d'un moment historique.

Le film sera suivi d'une discussion avec Sabine Dullin, spécialiste de l'histoire de l'URSS et des frontières de la Russie, professeur à Lille 3 et auteur de La Frontière épaisse, aux origines des politiques soviétiques (1920-1940) (édition de l'EHESS).

2.60? pour les étudiants en histoire.
Dans le cadre du Mois du Doc'

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MAÏDAN
docu de Sergei Loznitsa, 2014, Ukraine / Pays-Bas, 2h07, Num, VOSTF
Cannes 2014_Sélection officielle (séance spéciale)

Maïdan, c'est la place centrale de Kiev. Dès novembre 2013, des citoyens de tous âges et de toutes confessions se rassemblent pour protester contre le régime du président Ianoukovitch. Il sera contraint à la démission, fin mars. De novembre à mars, Sergeï Loznitsa a filmé Maïdan.

Fri Nov 14, 2014 03:54 (fr)
PMA, DPI, IAD, FIV : les techniques d'assistance médicale à la procréation sont au c?ur du débat? depuis qu'est envisagée son ouverture à toutes les femmes, y compris célibataires et lesbiennes. Pourquoi, comment poser des limites ouvertes par la technoscience et ne pas lui abandonner la gestion de nos vies ? Pourquoi, comment poser ces questions dans une perspective anti-patriarcale ? Et si un examen attentif de ces techniques et de leurs usages nous aidait à concilier critique sans concession de (...) - agenda / écologie , luttes féministes

PMA, DPI, IAD, FIV : les techniques d'assistance médicale à la procréation sont au c?ur du débat? depuis qu'est envisagée son ouverture à toutes les femmes, y compris célibataires et lesbiennes.

Pourquoi, comment poser des limites ouvertes par la technoscience et ne pas lui abandonner la gestion de nos vies ? Pourquoi, comment poser ces questions dans une perspective anti-patriarcale ?

Et si un examen attentif de ces techniques et de leurs usages nous aidait à concilier critique sans concession de la technique et regard féministe ?

Avec Aude Vincent et Aude Vidal, contributrices au dossier "Qui est réac ? Qui est moderne ?" de la revue d'écologie politique L'An 02.

À l'invitation de CheZ VioleTTe, centre de femmes à Lille Moulins, et du collectif L'Insoumise.

À 18h, apéro-rencontre en non-mixité CheZ VioleTTe, place Vanhoenacker.

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